Supprimer le pain pendant un mois peut sembler être un petit changement. Pourtant, lorsqu’on en consomme tous les jours au petit-déjeuner, au déjeuner ou au dîner, son absence peut modifier assez rapidement les habitudes alimentaires. Poids, digestion, énergie, fringales : que peut-il réellement se passer dans votre corps après 30 jours sans pain ?
Tout dépend en réalité du type de pain que vous mangiez auparavant, des quantités consommées et surtout de ce qui vient le remplacer dans votre assiette. Arrêter la baguette blanche n’aura pas forcément les mêmes conséquences que supprimer un pain complet riche en fibres.
Les premiers jours : les habitudes sont souvent plus difficiles à changer que le corps
Pour de nombreuses personnes, le pain est presque automatique. Tartines au petit-déjeuner, morceau de baguette avec le fromage, sandwich à midi…
Lorsqu’on décide de l’éliminer brutalement, les premiers jours peuvent donc surtout être marqués par une sensation de manque liée aux habitudes.
Vous pouvez avoir davantage envie de féculents ou de produits sucrés, notamment si le pain représentait une part importante de vos apports en glucides.
Cela ne signifie pas nécessairement que votre organisme « réclame du pain ». Il peut simplement s’adapter à une nouvelle façon de composer les repas.
Votre poids peut diminuer… mais pas forcément pour la raison que vous imaginez
C’est souvent l’un des premiers changements recherchés.
En supprimant le pain sans le remplacer par d’autres aliments aussi caloriques, l’apport énergétique quotidien peut diminuer. Sur plusieurs semaines, cela peut contribuer à une perte de poids.
Mais les premiers kilos éventuellement perdus ne correspondent pas toujours uniquement à de la graisse.
Une alimentation moins riche en glucides peut réduire les réserves de glycogène présentes dans les muscles et le foie. Or le glycogène retient également de l’eau. Une partie de la baisse observée sur la balance peut donc provenir d’une perte d’eau.
À l’inverse, si vous remplacez chaque tranche de pain par du fromage, des biscuits ou des aliments très riches en matières grasses, arrêter le pain ne fera pas forcément maigrir.
Votre ventre peut sembler moins gonflé
Certaines personnes déclarent se sentir moins ballonnées lorsqu’elles réduisent fortement leur consommation de pain.
Plusieurs explications sont possibles.
Les pains industriels et certains pains très raffinés peuvent être consommés en grande quantité et être associés à des repas riches en sel, en sauces ou en aliments ultra-transformés. Modifier ces habitudes peut améliorer le confort digestif.
Certaines personnes sont également sensibles à certains glucides fermentescibles présents dans les produits à base de blé.
Mais attention : ressentir moins de ballonnements après avoir arrêté le pain ne signifie pas automatiquement que vous êtes intolérant au gluten.
La maladie cœliaque ou une véritable sensibilité au gluten doivent être évaluées médicalement. Il est d’ailleurs déconseillé de supprimer le gluten avant les examens lorsque l’on suspecte une maladie cœliaque, car cela peut compliquer le diagnostic.
Votre glycémie peut devenir plus stable si vous mangiez surtout du pain blanc
Tous les pains n’ont pas le même impact sur l’organisme.
Un pain blanc très raffiné contient généralement moins de fibres qu’un pain complet ou intégral. Consommé seul ou en grandes quantités, il peut provoquer une augmentation plus rapide de la glycémie.
En supprimant ce type de pain et en le remplaçant par des aliments contenant davantage de fibres, de protéines ou de bonnes graisses, certaines personnes peuvent ressentir moins de coups de fatigue et moins de fringales entre les repas.
Par exemple, remplacer les tartines de pain blanc du matin par des œufs, du yaourt nature, des fruits et quelques oléagineux peut modifier fortement la satiété.
Encore une fois, ce n’est donc pas uniquement « l’absence de pain » qui compte, mais ce que vous mangez à la place.
Vous pourriez avoir moins faim entre les repas
C’est l’un des changements les plus intéressants lorsque la suppression du pain s’accompagne d’une alimentation plus riche en protéines et en légumes.
Un repas composé principalement de pain peut parfois rassasier rapidement mais pendant relativement peu de temps.
Si vous le remplacez par des aliments apportant protéines, fibres et lipides de bonne qualité, la sensation de satiété peut durer davantage.
Résultat : certaines personnes grignotent moins naturellement au cours de la journée.
Mais l’effet inverse peut aussi se produire. Si vous supprimez le pain sans augmenter suffisamment les autres aliments, vous risquez de sortir de table avec encore faim.
Votre transit intestinal peut changer
C’est un effet souvent oublié.
Le pain peut être une source importante de fibres, surtout lorsqu’il est complet, au levain ou fabriqué avec des céréales peu raffinées.
Supprimer brutalement plusieurs portions de pain complet par jour sans compenser avec d’autres aliments riches en fibres peut donc ralentir le transit et favoriser la constipation.
À l’inverse, une personne qui remplace son pain blanc par davantage de légumes, de légumineuses, de fruits, de graines et de céréales complètes peut constater une amélioration de son transit.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de supprimer toutes les céréales, mais de conserver un apport suffisant en fibres.
Votre niveau d’énergie peut changer pendant quelques jours
Le pain est une source de glucides, carburant utilisé notamment par les muscles et le cerveau.
Si vous consommez beaucoup moins de glucides du jour au lendemain, vous pouvez ressentir temporairement une baisse d’énergie, notamment pendant l’activité physique.
Certaines personnes décrivent également des maux de tête ou une plus grande irritabilité lorsqu’elles modifient brutalement leur alimentation.
Ces sensations peuvent disparaître lorsque les repas deviennent mieux équilibrés.
Une personne sportive n’a d’ailleurs aucune raison de supprimer systématiquement les glucides. Pommes de terre, riz, flocons d’avoine, légumineuses, fruits ou céréales complètes peuvent parfaitement faire partie d’une alimentation équilibrée.
Après 30 jours : faut-il vraiment bannir le pain ?
Pas nécessairement.
Le pain n’est pas en lui-même un aliment à bannir. La différence se joue surtout sur sa qualité et sur la quantité consommée.
Un pain complet ou semi-complet, contenant une proportion importante de céréales complètes et peu d’ingrédients, peut contribuer aux apports quotidiens en fibres et en glucides complexes.
Le problème vient davantage des quantités excessives, du pain très raffiné et de ce que l’on mange avec : beurre en grande quantité, charcuterie, sauces, pâte à tartiner ou fromage à répétition.
Pour beaucoup de personnes, réduire le pain blanc peut donc être plus intéressant que supprimer totalement tous les pains.
Ce que ces 30 jours peuvent surtout vous apprendre
Passer un mois sans pain peut néanmoins servir d’expérience intéressante.
Vous pouvez observer si vous avez davantage ou moins faim, si votre digestion change, si vous grignotez moins et si vous découvrez de nouvelles façons de composer vos repas.
Mais il n’existe pas de transformation universelle après 30 jours sans pain.
Deux personnes peuvent obtenir des résultats complètement différents selon leur alimentation initiale et les aliments utilisés en remplacement.
Le véritable bénéfice vient souvent moins du fait d’avoir « arrêté le pain » que d’avoir commencé à manger davantage de légumes, de fruits, de protéines, de légumineuses et d’aliments peu transformés.
En résumé
Arrêter le pain pendant 30 jours peut entraîner une baisse temporaire du poids, réduire certains ballonnements ou limiter les pics de glycémie si vous consommiez beaucoup de pain blanc.
Mais supprimer un pain complet de bonne qualité peut également réduire inutilement vos apports en fibres.
Avant de bannir définitivement le pain, il peut donc être plus judicieux de regarder trois choses : sa composition, la quantité consommée et ce qui l’accompagne dans votre assiette.
Pour la plupart des personnes en bonne santé, le pain peut parfaitement conserver sa place dans une alimentation équilibrée.