Souvent utilisée pour parfumer les salades, les sauces et les plats orientaux ou asiatiques, la coriandre cache bien son jeu. Derrière ses petites feuilles vertes se trouvent des vitamines, des antioxydants et plusieurs composés végétaux étudiés pour leurs effets potentiels sur la santé.
Certains l’adorent, d’autres trouvent qu’elle a un goût de savon. Mais une chose est certaine : la coriandre ne laisse personne indifférent. Cette plante aromatique, connue sous le nom scientifique de Coriandrum sativum, est consommée depuis des siècles aussi bien pour ses qualités culinaires que dans différentes médecines traditionnelles.
Aujourd’hui, la recherche s’intéresse notamment à ses propriétés antioxydantes et à ses effets possibles sur la glycémie, le système cardiovasculaire ou encore l’inflammation. Il faut toutefois distinguer les résultats prometteurs observés en laboratoire de bénéfices réellement démontrés chez l’être humain.
La coriandre, une petite herbe riche en composés intéressants
Les feuilles, les tiges et les graines de coriandre contiennent différents composés végétaux actifs, notamment des polyphénols, des terpènes et des phytostérols.
Parmi eux figure le linalol, une substance aromatique particulièrement présente dans les graines de coriandre et qui fait l’objet de nombreuses recherches.
Des revues scientifiques consacrées à Coriandrum sativum soulignent notamment son potentiel antioxydant et anti-inflammatoire. En revanche, une grande partie des résultats concernant ses propriétés médicinales proviennent encore d’études réalisées sur des cellules ou des animaux, avec relativement peu d’essais cliniques chez l’être humain.
La coriandre doit donc être considérée avant tout comme un aliment intéressant dans le cadre d’une alimentation variée, et non comme un médicament.
1. Elle apporte des antioxydants
L’un des principaux intérêts de la coriandre réside dans sa teneur en substances antioxydantes.
Ces composés participent à la protection des cellules contre le stress oxydatif provoqué par les radicaux libres. Lorsqu’il devient excessif, ce phénomène est associé au vieillissement cellulaire et à différentes maladies chroniques.
La coriandre contient notamment plusieurs familles de composés végétaux présentant une activité antioxydante dans les études expérimentales.
Cela ne signifie évidemment pas qu’une poignée de coriandre peut empêcher de tomber malade. Mais l’intégrer régulièrement aux repas permet d’augmenter la diversité des végétaux consommés, ce qui est généralement favorable à l’équilibre alimentaire.
2. Elle pourrait participer à la santé cardiovasculaire
La coriandre est également étudiée pour ses effets possibles sur le système cardiovasculaire.
Certaines recherches expérimentales suggèrent que ses composés pourraient avoir une influence sur plusieurs facteurs liés à la santé du cœur, notamment la pression artérielle ou le métabolisme des lipides.
Une revue scientifique publiée sur le sujet souligne néanmoins que la majorité des études disponibles ont été réalisées sur des modèles animaux ou en laboratoire, et que les données cliniques humaines restent beaucoup plus limitées.
Autrement dit, ajouter de la coriandre à ses plats constitue une bonne habitude alimentaire, mais elle ne remplace en aucun cas les traitements prescrits contre l’hypertension ou l’excès de cholestérol.
3. La coriandre est étudiée pour son effet sur la glycémie
Autre piste étudiée par les chercheurs : le métabolisme du sucre.
Plusieurs travaux expérimentaux ont observé des propriétés hypoglycémiantes de certains extraits de coriandre. C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles cette plante est étudiée dans le contexte du syndrome métabolique.
Mais là encore, les résultats ne permettent pas de conseiller la coriandre comme traitement du diabète.
Les personnes diabétiques doivent continuer à suivre les recommandations de leur médecin et leurs traitements habituels. Il ne faut pas remplacer un médicament par une plante ou un complément alimentaire sans avis médical.
4. Elle peut aider à donner du goût sans ajouter trop de sel
C’est probablement l’un des bénéfices les plus simples et les plus concrets de la coriandre.
Son parfum puissant permet de relever :
- les salades ;
- les soupes ;
- les légumes ;
- les poissons ;
- les viandes ;
- les sauces ;
- les plats à base de riz ou de légumineuses.
Elle peut ainsi aider à cuisiner des plats savoureux tout en limitant l’utilisation excessive de sel ou de sauces très grasses.
Un peu de coriandre fraîche, du citron, de l’ail et quelques épices peuvent par exemple transformer des légumes ou du poisson sans avoir besoin d’ajouter beaucoup de sel.
5. Une herbe verte qui participe aux apports en vitamine K
Comme de nombreux végétaux verts, les herbes aromatiques peuvent contribuer aux apports alimentaires en vitamine K.
Cette vitamine joue notamment un rôle dans la coagulation du sang et intervient également dans le métabolisme osseux. Les légumes et végétaux à feuilles vertes figurent parmi ses principales sources alimentaires.
Les quantités de coriandre consommées étant généralement modestes, elle ne doit évidemment pas être considérée comme la seule source de vitamine K de l’alimentation.
6. Elle pourrait avoir des propriétés anti-inflammatoires
L’inflammation est un processus normal utilisé par l’organisme pour se défendre. Mais lorsqu’elle devient chronique, elle peut intervenir dans le développement de plusieurs maladies.
Différents composés présents dans la coriandre ont montré des effets anti-inflammatoires lors d’expériences en laboratoire.
Des recherches s’intéressent notamment aux terpènes et au linalol présents dans la plante. Ces résultats expliquent une partie de l’intérêt scientifique porté à la coriandre, même s’il reste nécessaire de confirmer leur importance réelle chez l’être humain.
7. Et pour la digestion ?
Dans plusieurs traditions culinaires et médicinales, les graines de coriandre sont utilisées après les repas ou dans des préparations destinées à faciliter la digestion.
La coriandre fait effectivement partie des plantes dont les effets gastro-intestinaux ont été étudiés.
Cependant, les preuves scientifiques disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’une consommation normale de coriandre fraîche puisse traiter les ballonnements, les douleurs abdominales ou d’autres troubles digestifs.
En revanche, son utilisation dans une alimentation riche en légumes, fruits, légumineuses et autres aliments végétaux peut parfaitement s’inscrire dans une alimentation favorable au système digestif.
Faut-il manger de la coriandre tous les jours ?
Pour la majorité des personnes, il n’y a aucune raison de se priver de coriandre si on l’apprécie.
On peut facilement en ajouter une petite poignée dans :
Une salade : tomates, concombre, avocat, citron et coriandre.
Une soupe : quelques feuilles ajoutées juste avant de servir permettent de conserver davantage leur parfum.
Une sauce : coriandre, yaourt nature, citron et ail constituent une sauce simple pour accompagner légumes et poissons.
Un plat chaud : mieux vaut généralement ajouter la coriandre fraîche en fin de cuisson, car une cuisson prolongée atténue son goût.
Les graines de coriandre peuvent quant à elles être utilisées entières ou moulues dans les currys, marinades, pains et plats mijotés.
Attention : naturelle ne signifie pas sans risque
La coriandre consommée comme aliment est généralement bien tolérée, mais des réactions allergiques sont possibles.
La coriandre appartient à la famille des Apiacées, comme le céleri, le fenouil et le cumin. Certaines personnes allergiques aux pollens ou à d’autres plantes de cette famille peuvent présenter des réactions croisées. Des allergies à la coriandre, parfois importantes, ont été décrites dans la littérature médicale.
Autre point important : les personnes prenant certains médicaments, notamment des anticoagulants tels que la warfarine, doivent veiller à conserver des apports relativement constants en vitamine K et discuter de changements alimentaires importants avec leur médecin.
Cette précaution concerne surtout les changements importants de consommation de végétaux riches en vitamine K et non quelques feuilles de coriandre ajoutées occasionnellement à un plat.
Non, la coriandre n’est pas une plante « détox miracle »
Sur Internet, on peut parfois lire que la coriandre serait capable de « nettoyer le foie », de « purifier le sang » ou même d’éliminer les métaux lourds de l’organisme.
Ces affirmations sont beaucoup plus fortes que ce que permettent de conclure les données scientifiques disponibles.
Le foie et les reins assurent naturellement une grande partie des fonctions d’élimination de l’organisme. Aucun aliment ne peut, à lui seul, réaliser une prétendue « détox » miraculeuse.
Le véritable intérêt de la coriandre est beaucoup plus simple : c’est une herbe aromatique peu calorique, riche en composés végétaux et qui permet d’apporter beaucoup de goût aux aliments.
Une herbe intéressante… mais pas un médicament
La coriandre possède donc suffisamment d’atouts pour mériter une place régulière dans nos cuisines.
Antioxydants, composés aromatiques, vitamine K et substances végétales intéressantes expliquent pourquoi Coriandrum sativum continue d’attirer l’attention des chercheurs.
Plusieurs effets sur la glycémie, l’inflammation ou la santé cardiovasculaire sont prometteurs, mais une grande partie de ces recherches reste expérimentale. Il serait donc exagéré de présenter la coriandre comme capable de prévenir ou de guérir une maladie.
En revanche, quelques feuilles fraîches ajoutées à une salade, un poisson, une soupe ou des légumes constituent une manière très simple d’enrichir son alimentation en végétaux tout en donnant énormément de goût aux plats.
Et finalement, c’est peut-être là son véritable pouvoir : une petite herbe toute simple capable de rendre les aliments sains beaucoup plus appétissants.