Dépister le cancer du colon

Tout mettre en oeuvre pour dépister le cancer du côlon

Diagnostiquée à temps, cette tumeur aussi redoutée que répandue répond très bien aux traitements.

Deuxième cancer le plus fréquent, le cancer du côlon affecte environ 5% de la population et se déclare généralement après 55 ans. Il est aussi le plus meurtrier, avec mille neuf cents décès annuels.

Dans les trois quarts des cas, le diagnostic de cette tumeur est posé à un stade avancé de la maladie, réduisant ainsi les chances de guérison. Aujourd’hui, on parvient à guérir un cancer colorectal sur deux. Or, un dépistage précoce, effectué chez des personnes sans symptômes, pourrait diminuer sensiblement la mortalité liée à cette maladie.

Les facteurs de risques principaux sont les antécédents familiaux ou personnels. A savoir les personnes ayant un parent proche atteint d’un cancer du côlon ou souffrant elles-mêmes de lésions bénignes de la muqueuse intestinale (polypes, adénomes).

L’histoire familiale contribue à identifier les individus à risques. Ces derniers se verront proposer, le cas échéant, un test génétique pour rechercher des mutations chromosomiques.

Quels sont les symptômes auquels on doit prêter attention? «Lors d’alternance constipation-diarrhée ou de présence de sang dans les selles, il faut consulter son médecin pour un contrôle et d’éventuelles investigations», recommande le Dr Raymond de Peyer, de la Division de gastroentérologie de l’Hôpital cantonal de Genève.

Méthode de référence, la coloscopie est un examen à la fois diagnostique et curatif. Non seulement elle offre une vue imprenable du côlon, mais elle permet de déceler et aussi d’enlever plus de 80% des tumeurs et lésions précancéreuses. L’envers de la médaille? Elle demande une préparation rigoureuse (une purge à faire la veille) et peut se révéler douloureuse. En clair, c’est un mauvais moment à passer, mais les résultats sont très fiables et la guérison hautement probable.

Il existe bien d’autres techniques de dépistage, moins traumatisantes et plus économiques. Sauf qu’aucune d’elles n’offre l’efficacité de la coloscopie. A l’image du toucher rectal dont l’utilité se limite aux tumeurs situées dans les dix derniers centimètres du côlon. Ou de la recherche de sang occulte dans les selles (Hémocult) capable de repérer «seulement» 15 à 30% des tumeurs.

Moins pénible que la coloscopie, la sigmoïdoscopie permet de visualiser la partie terminale du côlon, qui abrite trois quarts des tumeurs. Associée à l’Hémocult, elle parvient à détecter 30 à 50% des tumeurs du côlon à temps.

A noter encore que plusieurs techniques d’imagerie (type IRM ou échographie aux ultrasons), parfaitement indolores, sont actuellement à l’étude.

Dans le cadre du programme national de lutte contre le cancer colorectal, une étude suisse, financée par la Ligue suisse contre le cancer et la Fondation GastroMéd, devrait démarrer en 1999. Pendant dix ans, les habitants de 50 à 60 ans des cantons de Glaris, Uri et de la Vallée de Joux pourront bénéficier d’un examen de dépistage ainsi que d’un suivi médical. Grâce à cette évaluation, la Suisse va se donner les moyens de choisir la méthode la plus efficace et la mieux acceptée par la population.

Quelle prévention possible?

Une alimentation riche en fruits et légumes et pauvre en graisses animales dimimue les risques de développer une tumeur colorectale. Les fibres jouent également un rôle positif. En augmentant le volume intestinal, elles raccourcissent le durée de transit et, par là, le temps de contact entre les aliments cancérigènes et les muqueuses.

Autres facteurs protec-teurs: un poids correct et stable et une activité physique régulière (marche, montée d’escaliers…).

Plus d’informations sur: :www.cancerducolon.info

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