Le diabète

Le diabète est une maladie grave car souvent méconnue et asymptomatique. Il ne faut pas la prendre à la légère. Il n’existe pas de « petit diabète ».

Le diabète se soigne, mais ne se guérit pas. Il se manifeste par une élévation du taux de sucre dans le sang (glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l).
diabete
Actuellement, en France, plus de 3 millions de personnes sont diabétiques connues, on estime que plus de 100 000 diabétiques s’ignorent.
Le diabète : facteurs de risque

Le diabète est défini par un trouble du métabolisme des glucides (ou sucres) dû à une insuffisance totale ou partielle en sécrétion d’insuline.

Qu’est-ce que l’insuline ?

L’insuline (petite île en latin) est une hormone vitale, fabriquée par le pancréas qui est une glande située dans l’abdomen, sous le foie et l’estomac, près du début de l’intestin grêle (duodénum). Les cellules du pancréas qui fabriquent l’insuline s’appellent les « îlots de Langherhans ». L’insuline est fabriquée par le pancréas et sécrétée dans la circulation sanguine 24 h/ 24, avec des pics de sécrétion après les repas. L’élévation de la glycémie stimule sa sécrétion. Elle sert à faire entrer le glucose (source nécessaire d’énergie) dans les cellules de l’organisme. C’est une hormone de croissance.

Les différents diabètes

Il n’existe pas un mais plusieurs diabètes.10 % des diabétiques présentent un diabète dit « de type 1″ : le pancréas ne fabrique alors plus du tout d’insuline. Il est vital pour ces diabétiques de s’administrer de l’insuline plusieurs fois par jour, à vie. Il s’agit généralement de sujets jeunes. La maladie qui a détruit les îlots de Langherhans est une maladie immunitaire. L’organisme fabrique des anticorps qui vont détruire les cellules à insuline de façon irréversible.

Un peu moins de 90 % des diabétiques connus présentent un diabète dit « de type 2″. Ce diabète survient dans un contexte de diabète familial très fort. Il existe généralement un surpoids. Les patients présentent à la fois un déficit relatif de sécrétion en insuline (car elle est détournée de son but par le tissus adipeux qui l’utilise pour son métabolisme), et une résistance à l’action de l’insuline. Actuellement nous disposons de médicaments capables de stimuler la sécrétion d’insuline par le pancréas (sulfamides), et de médicaments capables d’améliorer l’insulinorésistance (biguanides). Cependant, leur efficacité est très relative et conditionnée par un respect de la diététique et un amaigrissement dès que nécessaire. Avec le temps, ils deviennent de moins en moins efficaces, et les patients ont souvent un jour ou l’autre besoin d’insuline.

Il existe d’autres diabètes dit « diabètes secondaires » qui sont liés à une maladie du pancréas (pancréatite, cancer, mucoviscidose), ou à une maladie du foie (cirrhose, cancer), ou à une maladie endocrinienne (hyperthyroïdie par exemple), ou à une prise de médicaments (chimiothérapie, trithérapie du VIH, corticoïdes).

Traitement: comment soigner le diabète ?

Pour tous les diabétiques, le traitement repose sur trois piliers : diététique, activité physique et médicaments ou insuline.
La diététique est primordiale. Elle consiste à adopter l’alimentation équilibrée que tout le monde devrait avoir. C’est-à-dire : trois repas par jour, comportant chacun des glucides d’absorption lente, des protéines, des fibres et un apport limité en graisses. Il faut remplacer les grignotages par des collations pauvres en graisses. Les patients présentant un surpoids doivent avoir une diététique restreignant au maximum les apports en graisses (10 g de beurre au petit déjeuner, une cuiller à soupe d’huile par jour, pas plus de 200 g de viande par jour cuite sans matières grasses, pas plus de 30 g par jour de fromage, des laitages maigres). Les sucres d’absorption rapide (essentiellement saccharose, sucre de ville) doivent idéalement être exclus de l’alimentation, surtout en dehors des repas et dans les boissons (sodas, jus de fruit, bière). Un dessert sucré peut être autorisée une fois par semaine, il est primordial d’éviter l’apparition d’une frustration, pour ne pas craquer.
L’activité physique améliore la sensibilité des muscles et du foie à l’insuline, elle facilite l’utilisation du glucose par les organes, elle aide à la perte pondérale si elle est pratiquée très régulièrement. Les sports de fond, tels que la natation ou le vélo sont idéaux.
Les traitements médicaux se prennent toujours à vie. Le médecin en posera l’indication. Les sulfamides stimulent la production d’insuline par le pancréas lorsque celui-ci est capable d’en sécréter (quand il existe encore des îlots fonctionnels). Ils sont hypoglycémiants (c’est-à-dire qu’ils font baisser le sucre dans le sang), et donc stimulent la faim. Leur effet secondaire le plus fréquent est le malaise d’hypoglycémie. Les biguanides (metformine) améliorent la sensibilité à l’insuline. Ils ne provoquent pas d’hypoglycémie. Ils ne stimulent pas l’appétit, au contraire. Ils sont donc particulièrement indiqués chez les sujets en surpoids. Leur principal effet secondaire est une diarrhée pouvant survenir dès le début du traitement. Elle rentre généralement dans l’ordre en 15 jours à 3 semaines. L’insuline est fabriquée par génie génétique ; elle ne présente aucun risque de transmission de maladies animales. Elle est stérile. Elle ne peut s’administrer par voie orale car elle est digérée par le tube digestif. Ainsi elle est administrée soit par voie sous-cutanée, soit par voie intraveineuse. Plusieurs types d’insulines existent de durée d’action variable, déterminant le nombre d’injections à réaliser par jour. Le traitement doit être initié dans un service spécialisé ou par un diabétologue.

Évolution de la maladie du diabète :

Les risques à long terme du diabète. Les complications au long terme du diabète font la gravité de la maladie.
Toutes les artères de l’organisme sont touchées.
Au niveau des yeux, cela provoque une atteinte de la rétine : la rétinopathie diabétique, qui peut survenir chez 80 % des malades, à partir de 8 ans d’évolution du diabète. C’est la première cause de cécité dans le monde développé. Elle ne peut être évitée que par la stabilisation du diabète et de la tension artérielle.
Au niveau du rein, par le même mécanisme, la filtration rénale peut s’altérer, avec une excrétion d’albumine croissante dans les urines, puis, tardivement, une insuffisance rénale. L’évolution de l’atteinte rénale du diabète (ou néphropathie diabétique) est freinée par la stabilisation du diabète et de la tension artérielle, ainsi que par une classe de médicaments antihypertenseurs : les inhibiteurs de l’enzyme de conversion.
Au niveau des membres inférieurs, s’installe un déficit de la sensibilité de la peau, débutant par les pieds. Ceux-ci sont donc très vulnérables chez les diabétiques. Une lésion peut survenir sans que le patient la sente, le plus fréquemment à cause de chaussures blessant le pied, non adaptées, ou à cause de marche pieds nus. Les patients diabétiques doivent donc surveiller leurs pieds, de visu. Lors de l’achat de chaussures, il faut passer la main à l’intérieur pour vérifier l’absence de couture blessante.
Au niveau cardiovasculaire. Le diabète favorise l’athérome (plaques rigidifiant, puis bouchant les artères). Il existe donc un risque d’hypertension artérielle, d’insuffisance coronarienne, d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, d’artérite des membres inférieurs.

Prévention contre le diabète

Pour le diabète de type 1, il n’existe pas de prévention spécifique ayant fait ses preuves. En revanche, pour le diabète de type 2, une prévention est possible. Chez les sujets ayant un antécédent familial, il faut particulièrement veiller à l’équilibre de l’alimentation et éviter le surpoids.

Questions / Réponses

Est-ce que le diabète est une maladie héréditaire ?
Ce terme est souvent utilisé abusivement et mal compris, le terme héréditaire signifiant que la maladie est inscrite dans les gènes ce qui jusqu’à présent n’est pas formellement établi. Héréditaire ou pas… pas facile à déterminer, familial… oui certainement.
En fait c’est la maladie des gens qui mangent trop ?
En ce qui concerne le diabète dit maigre ou de type 1, non sûrement pas. En ce qui concerne le diabète de type 2, appelé souvent diabète gras, il y a une corrélation très forte entre la surcharge pondérale et le diabète, qui très fréquemment s’améliore lorsque le patient suit un régime visant à lui faire perdre du poids.
Il n’en reste pas moins que l’affection est toujours présente et nécessitera dans un bon nombre de cas un traitement médicamenteux définitif.
Est-ce qu’on est handicapé dans sa vie de tous les jours ?
Dans la mesure où un traitement par l’insuline, dans un diabète de type1 est indispensable et où la diététique est dans tous les cas fondamentale, le diabète sera parfois vécu comme un handicap. Les complications du diabète peuvent aussi être source de handicaps.
En revanche, il est impératif de lutter de toutes ses forces contre le pessimisme et, dans la mesure du possible, de vivre de la manière la plus « normale ».

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