L’infarctus est (aussi) une affaire de femmes!

On l’ignore souvent: les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité féminine! Une campagne d’information tente de réparer cet «oubli»
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Le mythe selon lequel la crise cardiaque n’affecterait que le sexe masculin est très tenace parmi la population, y compris chez les médecins. Rien n’est plus faux pourtant! Pour preuve, les femmes (44,5%) sont plus nombreuses que les hommes (38,1%) à décéder des suites d’une affection cardiovasculaire.

Malgré l’éloquence des chiffres, on a sous-estimé le danger. Du coup, le coeur des femmes et ses défaillances ont largement été négligés par la science.

La Fondation suisse de cardiologie entend aujourd’hui corriger le tir grâce à la campagne d’information Femme et coeur, destinée à la fois au grand public et au corps médical. En plus de la publication d’une brochure, la fondation soutient quatre études nationales consacrées exclusivement au sexe féminin afin de combler les lacunes de la recherche dans ce domaine.

L’objectif de la campagne? «A terme, nous cherchons à diminuer la mortalité précoce liée aux maladies cardiovasculaires», explique le professeur Félix Gutzwiller, de l’Institut de médecine sociale et préventive de Zurich. Et de souligner que, tous les ans, les femmes suisses perdraient prématurément (avant 70 ans) trois mille cinq cents années de vie…

Un sondage récent a montré que la population féminine ne se sentait pas concernée par l’infarctus. Cette méconnaissance des facteurs de risque (voir encadré) peut pourtant lui être fatale.

Certes, grâce aux oestrogènes, le processus d’artériosclérose est plus lent chez les femmes en âge de procréer que chez les hommes du même âge. Mais cette immunité est toute provisoire: avec la ménopause, les risques s’égalisent. Pire, ils viennent souvent se rajouter à d’autres pathologies déjà existantes (hypertension, diabète, etc.), du fait que les femmes sont touchées dix à vingt ans plus tard que les hommes. Un traitement de substitution hormonale diminue toutefois de manière très significative le risque d’accidents cardiovasculaires.

Enfin, sans que l’on sache encore pourquoi, les symptômes de l’infarctus sont moins évidents chez la femme: bien souvent, il se manifeste par des sensations désagréables et atypiques dans la région de la poitrine, une certaine oppression et une grande fatigue. Rien qui mette, a priori, la puce à l’oreille. Résultat, le diagnostic est souvent tardif. Les victimes d’une crise cardiaque arrivent plus tard à l’hôpital et elle bénéficient moins fréquemment d’une intervention vitale pour le pronostic telle que la thrombolyse (traitement visant à dissoudre les caillots sanguins).

Autant de raisons pour s’informer et évaluer ses risques avec son médecin afin d’améliorer, si nécessaire, son hygiène de vie.

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