Pas si simple de changer

Comment aider les patients à modifier leurs habitudes pour améliorer leur santé? En éduquant les médecins!

Arrêter de fumer, manger sainement, suivre un régime, faire de l’exercice, apprendre à gérer son stress, prendre ses médicaments: autant de recommandations qui restent souvent lettre morte, malgré l’insistance du corps médical.

Manque de volonté ou déni caractérisé? Pas si simple. La médecine a sa part de responsabilité dans cette résistance au changement. Elle a même tendance à baisser les bras devant ces patients qui mettent leur santé en danger en refusant de suivre leur traitement ou de modifier leur style de vie.

Tout n’est pourtant pas perdu: les médecins peuvent aussi apprendre à mieux communiquer avec leurs patients pour, progressivement, les guider sur le chemin du changement. Depuis peu, un séminaire, intitulé «Pour changer», leur est destiné.

Son auteur, le Dr Marc Archinard, responsable de la psychiatrie de liaison aux Hôpitaux universitaires de Genève, s’explique: «Le but de cette formation est d’amener les médecins à prendre conscience de ce que veut dire changer, à se poser la question de l’intérieur, dans leur vie personnelle.» Et, là, c’est un peu le règne du «faites ce que je dis, pas ce que je fais»…

Un chemin à deux

Comment faciliter le changement? En admettant d’abord qu’il s’agit d’un processus qui prend du temps, avec des étapes à respecter. «Je n’ai pas besoin de vos pilules!» «Malgré mon diabète, je ne peux pas m’empêcher de manger les biscuits au chocolat de ma fille»: il ne sert à rien de demander à une personne d’adhérer à un traitement auquel elle ne croit pas ou qui est trop difficile à suivre. A moins de tenir compte de certains paramètres, c’est l’échec assuré.

Pour être motivé à agir, il faut être convaincu et, aussi, s’en sentir capable. Le patient a-t-il vraiment envie de changer? Est-il prêt? Pour le savoir, le médecin doit s’intéresser de près à son histoire: a-t-il des proches pour l’aider? Que représente pour lui sa maladie? Etc. Et de pratiquer, sans réserve, l’écoute active: on n’a rien trouvé de mieux pour amener quelqu’un à exprimer ce qu’il ressent, ses doutes comme ses craintes.

Plus que jamais, la santé est une affaire de coresponsabilité entre soignants et soignés. «Tout le monde peut changer, lance Marc Archinard. Les médecins doivent faire évoluer leurs patients dans ce sens, en instaurant un climat positif et en reconnaissant leurs compétences.»

Mais encore? Mieux informer, peser les avantages et les inconvénients d’un traitement, noter les progrès réalisés, fixer des objectifs réalistes. Au terme du voyage, il y a le succès: «Je n’aurais jamais cru que j’arriverais à manger mieux et à faire de l’exercice.» Bravo! Prochaine étape, on maintient les acquis et on prévient la rechute…

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