La parodontite

Les gencives souffrent si on les oublie

Votre brosse à dents vire souvent au rouge? C’est que la parodontite vous guette. Cette affection peut devenir redoutable si elle n’est pas rapidement soignée

Parodontite

Maladie fréquente, la parodontite est une complication d’une gingivite non traitée. « Elle concerne 70% de la population dont 8 à 15% présente des atteintes sévères.

Principale coupable: une mauvaise hygiène buccale qui laisse la plaque dentaire et ses millions de bactéries creuser des tunnels dans l’émail (d’où les caries) et s’attaquer sans scrupule à nos gencives.

A la longue, les tissus gingivaux enflammés autour de la dent sont endommagés et une poche remplie de germes (qui peut créer un abcès à l’occasion) se formera entre la dent et la gencive.

Si rien n’est fait pour l’arrêter, ce travail de sape peut aller jusqu’à ronger l’os de soutien de la dent, laquelle ne tardera pas à bouger, puis à tomber…

Mais les bactéries sont plus ou moins agressives et tout le monde ne développe pas la maladie. On connaît certains facteurs de risque tels que le diabète, le tabagisme ou un système immunitaire affaibli. Il semble aussi qu’il existe une prédisposition génétique à développer une parodontite.

Enfin, à l’instar de la carie, il ne faut pas sous-estimer la transmission de bactéries de personne à personne (parents à enfants, chien de la famille à humain…).

Les premiers symptômes? Rougeur, gonflement, douleur et saignement lors du brossage. A ce stade, une visite chez le dentiste s’impose afin d’évaluer l’étendue des dégâts.

Signes plus préoccupants encore: lorsque les gencives se rétractent ou encore qu’une dent se déchausse et devient mobile.

Le recours à la sonde parodontale permet d’affiner le diagnostic. Dans les cas sévères, des analyses bactériologiques sont requises dans le but d’évaluer l’efficacité du traitement.

Outre une prescription d’antibiotiques, si la situation l’exige, le traitement repose essentiellement sur une intervention mécanique qui vise à supprimer la cause de l’inflammation. Le dentiste va procéder à un détartrage approfondi, voire à un curetage de la poche gingivale. Quand le tartre est éliminé, le processus de guérison et de cicatrisation des tissus pourra commencer sans pour autant récupérer la gencive initiale.

Lorsque la dent est touchée au point où elle bouge, on cherchera à la solidariser avec ses voisines (attelle).

Les techniques chirurgicales visent, pour leur part, à permettre aux tissus et à l’os de se régénérer en plaçant, par exemple, une membrane sous la gencive.

Une nouvelle approche prometteuse, encore expérimentale, réside dans l’utilisation des facteurs de croissance: ces substances sont capables chez l’animal de faire repousser l’os en grande quantité. Les essais sur l’homme ont déjà commencé.

Prévention de la parodontite

« Comme pour la carie, la parodontite est une affection qui peut être évitée par des mesures de prévention simples », rappelle le professeur Pierre Baehni. Le brossage des dents (mouvement vertical), sous toutes leurs facettes (externes et internes), reste la seule façon d’éliminer efficacement la plaque dentaire.

Chaque brossage « oublié » est la porte ouverte à la prolifération de millions de bactéries. Un nettoyage interdentaire (fil, bâtonnets, brossettes), effectué tous les deux jours, complète avantageusement le brossage: il permet d’atteindre les points de contact entre deux dents, endroits qu’affectionne la plaque dentaire.

Enfin, une visite régulière chez le dentiste est indispensable pour enlever le tartre qui, malgré une hygiène irréprochable, se dépose chez tout le monde.

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