Incendie à Crans-Montana : sorti du coma, un jeune brûlé redonne de l’espoir à sa famille

La Suisse reste profondément marquée par le drame survenu dans la nuit du Nouvel An à Crans-Montana. L’incendie qui a ravagé un établissement festif a provoqué un bilan humain dramatique, faisant de nombreuses victimes et soulevant de lourdes questions sur la sécurité des lieux recevant du public. Pourtant, au cœur de cette tragédie, une nouvelle plus lumineuse est venue rompre le silence du deuil : un adolescent grièvement brûlé est sorti du coma.

Un réveil attendu après plusieurs jours d’angoisse

Quatre jours après le sinistre, Jérémie, âgé de 17 ans, a repris conscience dans un hôpital lyonnais où il avait été transféré en urgence. Brûlé sur près de 17 % de la surface de son corps, l’adolescent avait été plongé dans un coma artificiel afin de stabiliser son état et de faciliter les premiers soins. L’annonce de son réveil marque une étape cruciale dans son combat pour la guérison.

Son père, Xavier Mittaz, a exprimé une émotion difficile à contenir lors de son premier échange avec son fils. Interrogé par BFMTV, il a raconté ce moment suspendu : deux simples signes de tête, mais chargés d’un immense espoir après des jours d’attente et d’incertitude.

Des blessures lourdes, mais un pronostic encourageant

Selon les informations communiquées par la famille, les brûlures touchent principalement le dos, les poignets et les mains du jeune homme. Ces zones laissent penser qu’il aurait été exposé à des éléments tombés du plafond ou qu’il a tenté de se protéger dans la confusion provoquée par l’incendie. Un détail apporte toutefois un certain soulagement : son visage a été relativement épargné, un élément important tant sur le plan médical que psychologique.

Malgré la douleur et les soins à venir, l’état de Jérémie est jugé encourageant par les médecins, même si un long parcours de rééducation l’attend encore.

La culpabilité d’un survivant

Comme souvent après ce type de drame, la dimension psychologique est omniprésente. Avant même son hospitalisation, Jérémie aurait demandé que ses parents soient contactés. Sa mère a pu le rejoindre rapidement, mais le poids de la culpabilité s’est imposé à lui. Selon son père, l’adolescent se reproche d’avoir maintenu sa sortie malgré une réticence initiale, un sentiment que ses proches tentent aujourd’hui d’apaiser.

Cette culpabilité du survivant est fréquente après les catastrophes collectives, en particulier chez les plus jeunes, confrontés brutalement à la fragilité de la vie.

Des responsabilités qui interrogent

Au-delà de l’émotion, le drame a mis en lumière de graves dysfonctionnements. La municipalité a reconnu des manquements dans le suivi des contrôles de sécurité incendie. Le président du conseil communal, Nicolas Féraud, a admis publiquement un défaut de surveillance.

Le père de Jérémie s’interroge également sur la configuration du bar Le Constellation, évoquant l’absence visible de sortie de secours et une impression de piège une fois à l’intérieur. Autant de zones d’ombre qui alimentent aujourd’hui la colère des familles et l’attente de réponses claires.

Entre espoir et quête de vérité

Si le réveil de Jérémie apporte une lueur d’espoir dans un contexte encore très sombre, il ne fait pas oublier la nécessité de comprendre ce qui s’est réellement passé. Pour les victimes et leurs proches, la reconstruction passera autant par la guérison des corps que par l’établissement des responsabilités.

Dans l’attente des conclusions de l’enquête, ce jeune survivant incarne désormais, malgré lui, l’espoir fragile d’un lendemain possible après l’indicible.


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