« Il est très motivé » : quand un professeur marche 4 kilomètres dans la neige pour ne pas laisser ses élèves sans classe

Alors que la neige a fortement perturbé la circulation ce mardi 6 janvier au sud de Nantes, un enseignant de Loire-Atlantique a fait preuve d’un engagement peu commun. Là où beaucoup auraient renoncé face à des routes impraticables et des transports quasiment à l’arrêt, il a choisi une autre voie : celle de la détermination et du sens du devoir.

Depuis la nuit précédente, d’importantes chutes de neige ont recouvert une partie du département. Au lever du jour, les routes secondaires étaient devenues dangereuses, voire totalement bloquées. Dans plusieurs communes, rejoindre son lieu de travail relevait de l’exploit. À Brains, petite commune située au sud de Nantes, les conditions météorologiques ont pourtant renforcé la motivation de certains enseignants.

Quatre kilomètres à pied, dans la nuit

Parmi eux, Gérald Brisorgueil, enseignant en classe de CM à l’école Jules-Verne de Brains. Résidant à Saint-Jean-de-Boiseau, il devait parcourir environ quatre kilomètres pour rejoindre son établissement. Face à l’impossibilité de circuler en voiture, il a quitté son domicile vers 8 heures, bien décidé à assurer l’accueil de ses élèves.

Équipé d’un manteau rouge vif et d’une lumière clignotante accrochée à son sac à dos pour être visible, il s’est engagé dans la nuit noire, avançant pas à pas sous une épaisse couche de neige. À 8 h 45 précises, il franchissait les grilles de l’école, à l’heure, comme l’a rapporté Ouest-France.

Une marche devenue parenthèse contemplative

Loin de vivre ce trajet comme une contrainte, l’enseignant raconte avoir transformé cette marche forcée en un moment presque hors du temps. Le silence, la blancheur des paysages et l’absence de circulation ont donné à ce déplacement un caractère exceptionnel. « J’ai marché quatre kilomètres, c’était magnifique. J’en ai profité pour faire de belles photos et observer les traces des animaux : renards, cerfs… », confie-t-il.

Un contraste saisissant avec l’agitation habituelle de la zone, où la circulation est souvent dense aux heures de pointe. Ce matin-là, seuls ses pas crissaient sur la neige fraîche, dans une atmosphère presque irréelle.

Le sens du devoir avant tout

Pour Gérald Brisorgueil, rester chez lui n’était tout simplement pas une option. « L’école a le devoir d’accueillir les enfants », explique-t-il. Une phrase simple, mais révélatrice d’un profond attachement à sa mission d’enseignant. Même lorsque les conditions extérieures compliquent l’accès aux établissements, la continuité scolaire reste, à ses yeux, essentielle.

Une initiative qui inspire

Son engagement n’est pas passé inaperçu. Sur le groupe WhatsApp de l’équipe pédagogique de l’école Jules-Verne, son initiative a suscité l’admiration… et l’envie. Trois de ses collègues ont finalement décidé, eux aussi, de venir à pied, arrivant un peu plus tard dans la matinée.

La direction de l’établissement n’a pas manqué de saluer cette mobilisation collective. « Et aucun n’habite la commune ! », s’est amusé le directeur, Christophe Thibaud, concluant d’un enthousiaste « Chapeau ! ».

Dans une matinée marquée par le froid, la neige et les routes désertes, ce sont finalement des pas dans la poudreuse qui ont permis à l’école d’ouvrir ses portes. Une histoire simple, mais inspirante, qui rappelle que derrière les murs des écoles se cachent souvent des femmes et des hommes prêts à aller bien plus loin que prévu pour leurs élèves.

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