Hantavirus : symptômes, transmission, risques… ce qu’il faut vraiment savoir sur cette maladie surveillée de près

Alors que plusieurs cas suspects liés à un hantavirus inquiètent actuellement les autorités sanitaires internationales après des contaminations signalées à bord d’un navire de croisière, cette famille de virus reste encore largement méconnue du grand public. Pourtant, certaines formes peuvent provoquer des complications graves touchant les poumons ou les reins.

Transmis principalement par les rongeurs, les hantavirus sont présents dans plusieurs régions du monde et font l’objet d’une surveillance constante par les agences sanitaires.

Qu’est-ce que le hantavirus ?

Le terme “hantavirus” désigne une famille de virus transmis essentiellement par certains rongeurs sauvages. Les souris, rats, mulots ou campagnols infectés représentent les principaux réservoirs naturels du virus.

Le nom du virus provient de la rivière Hantaan, située entre les deux Corées. C’est durant la guerre de Corée, entre 1950 et 1953, que plusieurs milliers de soldats avaient développé des formes sévères après avoir été exposés à ce virus.

Aujourd’hui, plusieurs souches circulent dans le monde, avec des formes plus fréquentes en Amérique, en Europe et en Asie.

Comment se transmet le hantavirus ?

Contrairement à des virus comme la grippe ou le Covid-19, les hantavirus se transmettent très rarement entre humains. Dans l’immense majorité des cas, la contamination provient directement des rongeurs infectés.

Ces animaux éliminent le virus par :

  • leur urine ;
  • leurs excréments ;
  • leur salive.

Le danger apparaît lorsque ces déjections sèchent puis se dispersent dans l’air sous forme de micropoussières invisibles. Une simple inhalation peut alors suffire à provoquer une infection.

Certaines situations augmentent fortement les risques :

  • nettoyage de cabanes fermées depuis longtemps ;
  • granges ou bâtiments abandonnés ;
  • caves peu ventilées ;
  • fermes ;
  • zones forestières ;
  • contact direct avec des rongeurs morts ou leurs déjections.

Une morsure de rongeur peut également transmettre le virus.

Quels sont les symptômes du hantavirus ?

Les premiers symptômes ressemblent souvent à une grippe classique, ce qui complique parfois le diagnostic.

Les signes les plus fréquents sont :

  • forte fièvre ;
  • fatigue intense ;
  • douleurs musculaires ;
  • maux de tête ;
  • frissons ;
  • nausées.

Mais chez certaines personnes, l’état peut ensuite s’aggraver rapidement.

Des formes parfois très graves

Selon la souche du virus, deux grandes formes sévères peuvent apparaître.

Le syndrome pulmonaire à hantavirus

Principalement observé sur le continent américain, ce syndrome attaque les poumons.

Les patients peuvent développer :

  • des difficultés respiratoires importantes ;
  • un œdème pulmonaire ;
  • une détresse respiratoire aiguë.

Cette forme est particulièrement redoutée car elle peut évoluer très rapidement. Selon les autorités sanitaires américaines, le taux de mortalité peut atteindre près de 38 % dans les cas graves.

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal

Plus fréquente en Europe et en Asie, cette forme touche principalement les reins.

Les complications possibles comprennent :

  • insuffisance rénale aiguë ;
  • troubles hémorragiques ;
  • chute importante de la tension artérielle ;
  • hospitalisation en soins intensifs dans les cas sévères.

Le taux de mortalité varie selon les souches mais peut atteindre jusqu’à 15 % dans les formes les plus graves.

Existe-t-il un traitement ?

À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique capable d’éliminer directement le hantavirus.

La prise en charge repose principalement sur :

  • la surveillance médicale ;
  • l’assistance respiratoire dans les formes pulmonaires ;
  • les soins intensifs ;
  • le traitement des complications rénales.

Il n’existe également aucun vaccin largement disponible contre ces infections.

Comment éviter la contamination ?

La meilleure protection reste la prévention.

Les autorités sanitaires recommandent notamment :

  • d’éviter tout contact avec les rongeurs sauvages ;
  • de porter des gants et un masque lors du nettoyage de lieux fermés ;
  • d’aérer les bâtiments plusieurs heures avant de les nettoyer ;
  • de ne jamais balayer à sec les poussières suspectes ;
  • d’utiliser de l’eau javellisée ou des désinfectants adaptés ;
  • de conserver les aliments dans des contenants hermétiques.

Les personnes travaillant dans les fermes, les zones forestières ou les bâtiments peu fréquentés doivent être particulièrement vigilantes.

Faut-il craindre une épidémie mondiale ?

Pour l’instant, les spécialistes restent rassurants. Les hantavirus ne possèdent pas la même capacité de transmission massive que certains virus respiratoires connus.

Les cas humains restent relativement rares et surviennent surtout après une exposition directe à des environnements contaminés par des rongeurs infectés.

Les autorités sanitaires poursuivent néanmoins leur surveillance, notamment après les récents cas suspects détectés à bord du navire MV Hondius.

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