Se loger devient de plus en plus compliqué. Entre loyers qui explosent, pénurie d’appartements et concurrence féroce dans les grandes villes, beaucoup finissent par accepter des solutions qu’on n’aurait jamais imaginées il y a quelques années. La colocation, par exemple, ne concerne plus seulement les étudiants : elle touche désormais les actifs, les familles monoparentales et même certains retraités.
Le problème, c’est que même la colocation devient chère. En France, une chambre partagée dépasse souvent les 500 euros par mois, charges comprises. Et quand un studio coûte presque autant, l’écart se réduit dangereusement. Entre les logements transformés en locations touristiques, les difficultés d’accès à la propriété et la raréfaction des biens disponibles, beaucoup se retrouvent coincés.
C’est dans ce contexte qu’une histoire surprenante fait parler : Monique Jeremiah, une Australienne de 36 ans, affirme gagner jusqu’à 600 euros par mois en louant… la moitié de son lit.
Elle pratique ce qu’on appelle le “hot bedding” : un partage de lit strictement réservé au sommeil. Dans ses annonces, elle insiste sur des règles très claires : rien de sexuel, rien de romantique, aucun contact. Seulement dormir côte à côte, “avec respect de l’espace et des limites”.
Monique explique que cette idée est née pendant le Covid, lorsqu’elle supportait mal l’isolement. Elle a réalisé qu’une simple présence physique, même sans intimité, pouvait être rassurante. Aujourd’hui, elle accueille régulièrement des inconnus qui viennent dormir à côté d’elle, chacun de son côté, dans une chambre qu’elle décrit comme calme et confortable.
Cette pratique, aussi déroutante soit-elle, en dit long sur la réalité actuelle : quand le logement devient inaccessible, les gens s’adaptent. Et parfois, ils finissent par transformer même un lit en solution économique.