À 78 ans, Beatriz vend encore ses légumes pour compléter sa retraite : « J’ai travaillé toute ma vie »

À 78 ans, Beatriz pourrait profiter d’une retraite paisible. Pourtant, dans son village de la province d’Almería, en Espagne, cette septuagénaire continue de travailler. Pour compléter ses faibles revenus, elle vend les légumes qu’elle cultive elle-même dans son potager.

Son histoire illustre la situation difficile de certaines personnes âgées qui, malgré une vie entière passée à travailler, se retrouvent avec une pension insuffisante faute d’avoir suffisamment cotisé.

À 78 ans, elle continue de travailler pour vivre correctement

Beatriz vit aujourd’hui avec des ressources très modestes. Elle bénéficie d’une pension non contributive, un dispositif espagnol destiné notamment aux personnes âgées qui ne disposent pas d’un historique de cotisations suffisant pour toucher une retraite classique.

Mais selon son témoignage relayé sur les réseaux sociaux, sa situation administrative reste compliquée.

Après avoir vécu plusieurs années à Vera, dans la province d’Almería, elle a déménagé à Los Gallardos. Ce changement de commune l’aurait contrainte à effectuer de nouvelles démarches afin de continuer à percevoir son aide.

Elle affirme attendre depuis plus d’un an une réponse définitive de l’administration.

En attendant, Beatriz doit trouver d’autres moyens de compléter ses revenus.

Sa solution est simple : elle cultive des légumes et va les vendre elle-même dans la rue.

Une vie de travail commencée dès l’enfance

Ce qui rend son histoire particulièrement marquante, c’est que Beatriz affirme avoir travaillé pendant une grande partie de sa vie.

Comme de nombreuses femmes de sa génération, elle a commencé très jeune, bien avant d’occuper un emploi salarié classique.

Enfant, elle devait notamment s’occuper de ses frères et sœurs. Plus tard, elle a travaillé dans différents établissements du secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

Elle raconte également avoir dû partir travailler loin de son domicile, notamment dans la région de Málaga.

Les conditions auraient parfois été particulièrement difficiles. À certaines périodes, elle affirme avoir travaillé pendant de très longues journées avec seulement quelques heures de repos.

Malgré tous ces efforts, une partie de son activité professionnelle n’aurait pas été correctement déclarée.

« J’aurais dû vérifier que j’étais déclarée »

Avec le recul, Beatriz reconnaît qu’elle aurait dû être plus attentive à sa situation administrative.

Lorsqu’elle évoque les années pendant lesquelles elle a travaillé sans nécessairement cotiser suffisamment pour sa retraite, elle admet qu’elle aurait aimé vérifier davantage que ses employeurs la déclaraient correctement.

Une situation qui n’était pas rare à l’époque, notamment dans certains secteurs où le travail informel était davantage répandu.

Le problème apparaît souvent plusieurs décennies plus tard.

Lors du départ à la retraite, les périodes non déclarées ou les cotisations manquantes peuvent réduire fortement le montant de la pension.

Dans le cas de Beatriz, cela signifie aujourd’hui continuer à travailler à près de 80 ans pour pouvoir compléter ses ressources.

Les femmes de cette génération particulièrement concernées

Son histoire met également en lumière une réalité qui touche de nombreuses femmes âgées.

Pendant plusieurs décennies, beaucoup ont consacré une partie importante de leur vie à s’occuper de leurs enfants, de leurs frères et sœurs ou d’autres membres de leur famille.

Ces années de travail domestique n’étaient généralement pas rémunérées et ne permettaient pas toujours d’acquérir des droits à la retraite.

À cela pouvaient s’ajouter des emplois saisonniers, des périodes de travail non déclaré ou des interruptions de carrière.

Au moment de la retraite, certaines femmes découvrent donc qu’elles ont accumulé beaucoup moins de droits qu’elles ne l’imaginaient.

Pourquoi il est important de vérifier régulièrement ses droits à la retraite

L’histoire de Beatriz rappelle surtout l’importance de suivre ses cotisations tout au long de sa carrière.

En France, les salariés peuvent notamment consulter leur relevé de carrière afin de vérifier que les différents emplois occupés et les périodes travaillées ont bien été enregistrés.

Ce document permet de retrouver les périodes cotisées et les droits acquis pour la retraite.

Une erreur peut parfois passer inaperçue pendant plusieurs années : un employeur mal enregistré, une période de travail absente ou encore des revenus qui n’apparaissent pas correctement.

Plus l’anomalie est détectée tôt, plus il est généralement facile de retrouver les justificatifs nécessaires pour demander une correction.

Bulletins de salaire, contrats de travail et attestations d’employeurs peuvent notamment permettre de prouver une période d’activité.

L’histoire de Beatriz rappelle ainsi une réalité simple : travailler toute sa vie ne garantit pas automatiquement une retraite confortable. Encore faut-il que les périodes travaillées aient bien été déclarées et prises en compte dans le calcul des droits.

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