Catherine Ringer est morte à 68 ans : la voix mythique des Rita Mitsouko s’est éteinte, près de 19 ans après Fred Chichin

Catherine Ringer, chanteuse emblématique des Rita Mitsouko et figure majeure du rock français, est morte à l’âge de 68 ans. L’artiste a été emportée par un cancer foudroyant dans la nuit du 14 septembre 2026. Avec Fred Chichin, disparu en 2007, elle avait créé l’un des duos les plus singuliers de la musique française.

Une voix immédiatement reconnaissable, une personnalité hors norme et une énergie scénique qui ne ressemblait à aucune autre. Catherine Ringer est morte à 68 ans, laissant derrière elle plus de quatre décennies de création et quelques-unes des chansons les plus célèbres de la musique française.

La famille de l’artiste a annoncé son décès mardi 15 septembre 2026. Catherine Ringer a été « emportée par un cancer foudroyant dans la nuit du 14 septembre 2026 », selon le communiqué transmis à l’AFP. La nature exacte du cancer n’a pas été rendue publique à ce stade.

Avec Fred Chichin, son compagnon dans la vie comme sur scène, elle avait formé les Rita Mitsouko, duo devenu culte grâce à des morceaux tels que Marcia Baïla, Andy, C’est comme ça ou encore Les Histoires d’A.

Catherine Ringer, une artiste qui refusait de rentrer dans les cases

Née le 18 octobre 1957 à Suresnes, Catherine Ringer grandit dans un environnement artistique. Son père, Sam Ringer, était peintre et avait survécu à la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que sa mère était architecte.

Très jeune, Catherine Ringer se détourne d’un parcours classique. Elle quitte l’école à 15 ans et multiplie les expériences dans le théâtre, la danse, le chant et le cinéma.

Cette liberté deviendra l’une de ses marques de fabrique. Au fil des années, la chanteuse assumera sans détour les différentes périodes de sa jeunesse et construira un personnage artistique impossible à réduire à une seule étiquette.

Tout bascule en 1979, lorsqu’elle rencontre Fred Chichin. Entre eux, l’entente est aussi sentimentale qu’artistique. Ensemble, ils commencent à composer et à expérimenter, jusqu’à donner naissance aux Rita Mitsouko au début des années 1980.

« Marcia Baïla », le titre qui change tout

Le grand public découvre véritablement les Rita Mitsouko avec « Marcia Baïla », sorti en 1984.

Derrière ses rythmes dansants et son clip devenu emblématique se cache pourtant une histoire particulièrement douloureuse. La chanson rend hommage à Marcia Moretto, danseuse argentine proche de Catherine Ringer, morte d’un cancer.

Le morceau devient un immense succès et installe définitivement le duo parmi les formations les plus originales de la scène française.

Les Rita Mitsouko ne ressemblent à personne. Rock, pop, funk, punk et sonorités venues d’ailleurs se mélangent, tandis que Catherine Ringer impose une manière de chanter théâtrale, tantôt provocatrice, tantôt bouleversante.

Son excentricité visuelle participe également à cette identité. Sur scène comme dans les clips, chaque apparition devient presque une performance.

« C’est comme ça », « Andy »… une succession de chansons devenues cultes

En 1986 paraît « The No Comprendo », l’un des albums les plus marquants de la carrière des Rita Mitsouko.

Le disque contient notamment « Andy », « C’est comme ça » et « Les Histoires d’A ». Des chansons qui, plusieurs décennies plus tard, restent encore diffusées et immédiatement identifiables.

Catherine Ringer et Fred Chichin deviennent alors l’un des couples artistiques les plus célèbres de France.

Mais derrière leur apparente extravagance se cache un duo particulièrement exigeant sur le plan musical. Pendant plus de vingt ans, les Rita Mitsouko vont poursuivre leurs expérimentations sans véritablement chercher à suivre les modes.

Leur dernier album enregistré ensemble, « Variéty », paraît en 2007.

La disparition brutale de Fred Chichin en 2007

Quelques mois seulement après la sortie de cet album, l’histoire du groupe bascule brutalement.

Fred Chichin tombe gravement malade. Le guitariste meurt le 28 novembre 2007, à seulement 53 ans, des suites d’un cancer fulgurant.

Pour Catherine Ringer, la disparition est un choc immense. Elle perd à la fois son compagnon, le père de ses enfants et celui avec lequel elle avait construit la quasi-totalité de son univers musical.

Elle tente d’abord de poursuivre seule certains concerts prévus par les Rita Mitsouko avant de s’éloigner temporairement de la scène.

Peu à peu, pourtant, la musique reprend sa place.

Une carrière poursuivie sous son propre nom

Catherine Ringer refuse de laisser disparaître les chansons créées avec Fred Chichin, tout en construisant une véritable carrière personnelle.

En 2011, elle publie notamment l’album Ring n’Roll. L’année suivante, elle est récompensée aux Victoires de la musique en tant qu’artiste interprète féminine. Elle continuera ensuite à se produire régulièrement sur scène, parfois accompagnée de son fils Raoul Chichin.

En 2019, à la Philharmonie de Paris, elle célèbre notamment les quarante ans de sa rencontre avec Fred Chichin en faisant de nouveau vivre le répertoire des Rita Mitsouko.

Elle explore également d’autres formes artistiques. Ces dernières années, Catherine Ringer s’était notamment tournée vers la poésie et la récitation, retrouvant dans les mots et leur rythme une autre façon de prolonger son travail musical.

Catherine Ringer et Fred Chichin, deux destins désormais indissociables

La disparition de Catherine Ringer intervient près de dix-neuf ans après celle de Fred Chichin.

L’histoire des Rita Mitsouko prend ainsi une dimension encore plus particulière. Pendant près de trois décennies, les deux artistes auront construit ensemble une œuvre qui échappait aux catégories et aux conventions.

Leur duo reposait autant sur leurs différences que sur leur complicité. Fred Chichin apportait ses guitares, ses compositions et son allure de dandy rock tandis que Catherine Ringer occupait l’espace avec sa voix spectaculaire, son sens du théâtre et une liberté presque provocatrice.

Aujourd’hui encore, leurs chansons restent profondément ancrées dans la culture populaire française.

Une voix qui aura marqué plusieurs générations

Dans le communiqué annonçant sa disparition, les proches de Catherine Ringer saluent une « artiste française majeure » ayant marqué plusieurs générations « par sa voix et ses chansons, sa grande liberté et sa singularité ».

Quelques mots qui résument finalement assez bien une carrière impossible à confondre avec une autre.

Avec Catherine Ringer disparaît non seulement la voix des Rita Mitsouko, mais aussi l’une des personnalités les plus libres et reconnaissables de la scène musicale française.

De Marcia Baïla à C’est comme ça, en passant par Andy et ses projets en solo, ses chansons continueront probablement longtemps à faire danser, chanter et parfois pleurer ceux qui les ont découvertes depuis les années 1980.

Et près de dix-neuf ans après la mort de Fred Chichin, c’est désormais tout un chapitre de l’histoire du rock français qui se referme.

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