40 cm de neige à Marseille, –18 °C à Montpellier, des bateaux prisonniers de la glace

Cet hiver glacial que les Français n’oublieront jamais

La semaine prochaine pourrait de nouveau apporter d’importants cumuls de neige sur une partie de la France. Rien d’exceptionnel pour la saison, mais suffisamment pour raviver les souvenirs d’un épisode hivernal que certains Français n’ont jamais pu effacer. Un hiver si rude qu’il a bouleversé le pays pendant plusieurs semaines, paralysant les routes, les littoraux, et même les plus grandes villes du sud.

Neige, froid intense, records menacés

Les modèles météorologiques anticipent de nouveaux flocons sur les reliefs et quelques zones de plaine. Si l’on n’attend pas un phénomène aussi extrême que celui vécu au début des années 1960, les cumuls annoncés restent impressionnants dans plusieurs massifs. Assez pour évoquer, avec prudence, le risque d’avalanches et pour rappeler que l’histoire de la météo française compte quelques hivers hors normes.

Car il existe un précédent qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer aujourd’hui. Un hiver si glacial que les températures négatives s’étaient installées dès le mois de novembre. La neige avait envahi les plaines, figé les campagnes et surpris les automobilistes sur l’ensemble du territoire.

Un pays paralysé dès les premières neiges

En quelques jours, les régions de l’est se retrouvent autrefois plongées dans une situation critique. Les accidents s’enchaînent, la circulation devient quasi impossible et certaines communes sont isolées pendant plusieurs jours.
Trois semaines plus tard, alors que chacun espère un répit, une tempête d’une violence rare vient frapper les Alpes et les stations de ski. Celles-ci se retrouvent coupées du monde pendant les vacances de Noël. Des véhicules disparaissent sous les congères, des logements sont privés de chauffage et les températures tournent autour des –10 °C.

Marseille sous 40 cm de neige, Bordeaux à –15 °C

Le froid polaire ne s’arrête pas aux reliefs. Il descend jusqu’aux régions habituellement préservées. Lors du réveillon de cette année-là, on relève –15 °C à Bordeaux et –9 °C à Biarritz. À Barcelone, près de 25 cm de neige recouvrent les rues.
Et surtout, un événement que les habitants racontent encore aujourd’hui : Marseille ensevelie sous 30 à 40 cm de neige. Les routes sont impraticables, le trafic ferroviaire entre Paris et le Sud-Est est fortement perturbé. À Cassis, plusieurs centaines de personnes sont contraintes de renoncer à rentrer chez elles, dans l’incapacité de rejoindre Marseille.

Les bateaux pris au piège, les fleuves transformés en champs de glace

Le reste du pays n’est pas épargné. À Deauville, les yachts ne peuvent plus quitter le port, piégés dans une eau figée. Plusieurs milliers de péniches restent immobilisées sur les canaux et les rivières, prises dans une couche de glace qui s’épaissit chaque jour davantage.
Le Rhin, le Rhône ou encore la Seine se couvrent de glaçons flottants jusqu’au début du mois de mars. Une image presque irréelle, digne des pays nordiques, mais bien réelle pour les Français de l’époque.

Un hiver qui restera gravé dans les mémoires

Cet épisode glacial demeure, encore aujourd’hui, l’un des plus marquants du vingtième siècle. Un hiver d’une brutalité rare, qui a surpris par son intensité, son étendue et sa durée.
Alors que la France s’apprête à affronter une nouvelle offensive hivernale, moins extrême mais potentiellement remarquable, ce souvenir rappelle combien la météo peut parfois défier toutes les prévisions.

Si les prochains jours verront certes de la neige et un retour du froid, rien à comparer avec cet hiver légendaire qui a glacé la France du nord au sud et laissé derrière lui des images impossibles à oublier.


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