Être payé pour dormir. L’idée semble trop belle pour être vraie, et pourtant, certaines entreprises l’ont réellement proposée. Dans un contexte où la fatigue chronique, le stress et les troubles du sommeil touchent de plus en plus de personnes, le repos est devenu un enjeu sérieux… au point de se transformer en opportunité professionnelle. Oui, dormir peut rapporter de l’argent, et parfois beaucoup plus qu’on ne l’imagine.
Contrairement aux idées reçues, ces offres ne sont pas réservées à une élite ou à des profils scientifiques. Les critères demandés sont souvent bien plus accessibles qu’un diplôme ou une expérience spécifique. Explications.
Dormir n’est plus une perte de temps, c’est une ressource
Pendant longtemps, la sieste a été associée à la paresse ou au manque de motivation. Aujourd’hui, la science a complètement changé ce regard. De nombreuses études montrent qu’un temps de repos bien géré améliore la mémoire, la concentration et la productivité, tout en réduisant le stress et certains risques cardiovasculaires.
Dans plusieurs pays, dormir en journée fait déjà partie des habitudes. En Chine, la sieste est reconnue comme un droit depuis des décennies. Au Japon, le fait de s’assoupir brièvement au travail n’est pas mal perçu : c’est même parfois interprété comme le signe d’un investissement professionnel intense. En Europe du Sud, la sieste reste liée au climat et à une hygiène de vie plus respectueuse des rythmes naturels.
Ces pratiques, longtemps culturelles, sont désormais validées par la recherche scientifique. Résultat : le sommeil est devenu un véritable sujet d’étude… et de business.
Quand des entreprises paient pour dormir
Face à l’explosion des troubles du sommeil, certaines sociétés spécialisées dans les matelas, les oreillers ou les comparateurs de literie ont eu une idée simple : rémunérer des personnes pour tester leurs produits en conditions réelles.
En 2021, une entreprise américaine spécialisée dans le sommeil a lancé une offre qui a fait le tour des réseaux sociaux. Elle recherchait plusieurs candidats pour expérimenter différentes durées de sieste pendant un mois. Leur mission consistait à dormir, observer les effets sur leur énergie et leur concentration, puis consigner leurs impressions. À la clé, plus de 1 200 euros de rémunération.
Les critères étaient étonnamment accessibles : être majeur, pouvoir dormir au calme, être régulier et capable d’exprimer son ressenti. Pas besoin de diplôme, ni d’expérience particulière, seulement de la rigueur et un bon sens de l’observation.
1 300 € pour dormir 9 heures par nuit : l’offre qui a marqué les esprits
L’annonce la plus impressionnante reste celle d’une start-up spécialisée dans les matelas, qui a proposé de payer environ 1 300 euros à une personne dont la mission était de dormir neuf heures par nuit pendant plusieurs mois, directement chez elle.
Le candidat recevait un matelas haut de gamme, un dispositif de suivi du sommeil et devait simplement respecter un rythme de repos strict. Chaque nuit était analysée afin d’évaluer la qualité du sommeil, la récupération et le confort du produit.
Les critères de sélection ont beaucoup amusé le public : être capable de s’endormir facilement, avoir déjà dormi dans des environnements variés, être disponible sur la durée… et même le fait de s’être déjà assoupi en cours ou au travail était considéré comme un point positif.
Derrière cette offre insolite se cachait un double objectif très clair : tester les produits en conditions réelles et créer un énorme buzz médiatique. Résultat, des milliers de candidatures ont afflué en quelques jours.
Peut-on vraiment en faire un métier ?
Soyons clairs : être payé pour dormir ne remplace pas un emploi stable. Ces offres restent ponctuelles, souvent limitées dans le temps, et servent avant tout des objectifs marketing ou de recherche.
Mais elles révèlent une tendance de fond : le sommeil est devenu un sujet central de notre société moderne. Bien dormir n’est plus un luxe, c’est un enjeu de santé publique, de performance et de bien-être.
Et si certaines entreprises sont prêtes à payer pour analyser notre sommeil, c’est peut-être le signe qu’il est temps de le prendre, nous aussi, beaucoup plus au sérieux.