Soins dentaires : ce changement de remboursement prévu en 2027 pourrait alourdir votre facture

À compter du 1er janvier 2027, le remboursement de certains soins dentaires par l’Assurance maladie devrait diminuer. Une évolution qui pourrait passer relativement inaperçue pour les Français disposant d’une bonne mutuelle, mais qui risque de peser davantage sur le budget de ceux qui sont peu ou pas couverts.

Une consultation chez le dentiste, un détartrage ou le traitement d’une carie pourraient-ils coûter plus cher aux patients en 2027 ? C’est bien le risque avec la nouvelle évolution du partage des dépenses entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé.

Aujourd’hui, pour de nombreux soins dentaires courants effectués aux tarifs conventionnés, la Sécurité sociale prend en charge 60 % de la base de remboursement. Le reste est généralement payé par la complémentaire santé ou, en l’absence de mutuelle, directement par le patient.

Mais à partir du 1er janvier 2027, cet équilibre doit évoluer.

Le remboursement des soins dentaires devrait baisser en 2027

Le nouveau dispositif prévoit d’augmenter la part laissée à la charge du patient ou de sa complémentaire santé.

La part correspondant au ticket modérateur pourrait désormais se situer entre 50 et 60 % du tarif de référence. En conséquence, la prise en charge directe par l’Assurance maladie serait ramenée entre 40 et 50 %, contre 60 % actuellement.

Le taux exact appliqué aux différents actes devra être précisé, mais l’hypothèse d’un remboursement autour de 50 % est notamment évoquée.

Cette évolution concernerait principalement les soins dentaires courants réalisés dans le cadre des tarifs conventionnés.

Parmi eux figurent notamment :

  • les consultations chez le chirurgien-dentiste ;
  • les détartrages ;
  • le traitement des caries ;
  • certaines dévitalisations ;
  • différents actes conservateurs courants.

Concrètement, combien pourriez-vous perdre sur un soin dentaire ?

Prenons un exemple volontairement simple.

Pour un soin dont la base de remboursement serait de 100 euros, l’Assurance maladie prend actuellement en charge 60 euros lorsque le taux applicable est de 60 %.

Les 40 euros restants constituent le ticket modérateur. Ils peuvent être remboursés par la mutuelle selon le contrat souscrit.

Si la prise en charge de l’Assurance maladie tombe à 50 %, elle ne remboursera plus que 50 euros.

Il restera donc 50 euros au lieu de 40 euros à financer par le patient ou par sa complémentaire.

La différence paraît limitée sur une seule consultation. Mais elle devient beaucoup plus significative lorsqu’une personne doit multiplier les rendez-vous ou réaliser plusieurs traitements dans l’année.

Il faut également rappeler que les remboursements sont calculés à partir du tarif de référence de la Sécurité sociale et non nécessairement sur le prix réellement facturé lorsque des dépassements ou des actes plus coûteux sont pratiqués.

Avec une bonne mutuelle, votre facture chez le dentiste pourrait pourtant rester identique

Pour une grande partie des assurés bénéficiant d’une complémentaire santé responsable, le changement pourrait ne pas être visible immédiatement.

Pourquoi ? Parce que ces contrats prennent généralement en charge le ticket modérateur.

Si l’Assurance maladie rembourse une part plus faible d’un soin, la complémentaire devra donc payer davantage.

Ainsi, sur le moment, le patient pourrait continuer à bénéficier du même remboursement global.

Mais cela ne signifie pas que la réforme sera sans conséquence financière.

Les complémentaires santé devront absorber une nouvelle partie des dépenses jusque-là prises en charge par l’Assurance maladie.

La Mutualité française estime que le transfert concernant les soins dentaires pourrait représenter environ 510 millions d’euros.

À terme, les organismes complémentaires pourraient donc être tentés de répercuter au moins une partie de ces dépenses supplémentaires sur leurs tarifs.

Autrement dit, certains Français ne paieront peut-être pas davantage directement chez leur dentiste, mais pourraient voir leurs cotisations de mutuelle augmenter.

Les personnes sans mutuelle seront les plus exposées

La situation sera très différente pour les personnes qui ne disposent d’aucune complémentaire santé.

Dans leur cas, toute diminution du remboursement de l’Assurance maladie se transforme directement en reste à charge supplémentaire.

Quelques euros de plus sur une consultation ou un soin ne semblent pas considérables isolément. Pourtant, lorsqu’un traitement nécessite plusieurs séances, la facture peut rapidement devenir importante.

Les personnes disposant d’une mutuelle avec des garanties limitées devront également vérifier attentivement leurs contrats.

La dentisterie est déjà l’un des domaines dans lesquels les différences de prise en charge entre complémentaires peuvent être importantes, notamment pour les couronnes, implants, prothèses ou certains traitements spécialisés.

Certaines prises en charge resteront protégées

La baisse annoncée du remboursement ne signifie toutefois pas que tous les soins dentaires deviendront moins bien couverts.

Plusieurs dispositifs spécifiques doivent continuer à protéger certains patients et certaines prestations.

C’est notamment le cas du dispositif 100 % Santé, qui permet sous certaines conditions de bénéficier de prothèses dentaires sans reste à charge lorsque le patient dispose d’un contrat de complémentaire éligible.

Certaines prises en charge liées à une affection de longue durée peuvent également bénéficier de règles particulières.

La Complémentaire santé solidaire continuera par ailleurs à protéger les personnes répondant aux conditions de ressources.

Le programme de prévention dentaire destiné aux jeunes, notamment « M’T dents », reste lui aussi un élément important du dispositif de prévention et de prise en charge.

Ce n’est pas la première baisse du remboursement des soins dentaires

Cette nouvelle évolution intervient quelques années seulement après une précédente modification.

En 2023, le remboursement de nombreux soins dentaires par l’Assurance maladie avait déjà été ramené de 70 à 60 %.

La réforme prévue pour 2027 poursuit donc le transfert d’une partie des dépenses vers les complémentaires santé et, dans certains cas, vers les patients eux-mêmes.

Le gouvernement présente cette orientation comme un moyen de concentrer davantage les ressources de l’Assurance maladie sur les soins jugés les plus essentiels, innovants ou coûteux.

Mais plusieurs professionnels et représentants des assurés craignent une conséquence bien différente : une augmentation du renoncement aux soins.

Pourquoi certains Français pourraient repousser leurs soins dentaires

Les soins dentaires sont déjà régulièrement reportés pour des raisons financières.

Une carie non traitée, une dent douloureuse ou un contrôle annuel peuvent être différés lorsqu’un patient sait qu’il devra payer une somme importante.

Le risque est alors de créer un cercle vicieux.

Un problème relativement simple à traiter peut s’aggraver avec le temps et nécessiter ensuite une intervention plus lourde et plus coûteuse.

Les personnes sans complémentaire santé seront donc particulièrement concernées par l’évolution prévue en 2027.

Ce qu’il vaut mieux vérifier avant 2027

Il reste encore plusieurs mois avant l’entrée en vigueur prévue de la mesure.

Cette période peut être l’occasion de regarder plus attentivement les garanties de sa complémentaire santé.

Il est notamment utile de vérifier la prise en charge des soins courants, mais aussi celle des prothèses, couronnes, implants ou traitements dont les prix dépassent largement les bases de remboursement de l’Assurance maladie.

Les personnes disposant de revenus modestes peuvent également vérifier leur éventuelle éligibilité à la Complémentaire santé solidaire.

Enfin, mieux vaut éviter de reporter inutilement les soins préventifs. Un contrôle régulier et un détartrage peuvent parfois permettre d’éviter des traitements beaucoup plus lourds par la suite.

En résumé

À partir du 1er janvier 2027, la part remboursée directement par l’Assurance maladie sur certains soins dentaires doit diminuer.

Pour les personnes couvertes par une bonne complémentaire santé, l’impact immédiat chez le dentiste pourrait rester limité. Mais les mutuelles devront financer une part plus importante des dépenses, avec un possible effet futur sur les cotisations.

Pour les patients sans mutuelle ou insuffisamment couverts, le changement sera beaucoup plus visible : chaque soin concerné pourra laisser une somme plus importante à payer de leur poche.

Une raison supplémentaire de vérifier dès maintenant son niveau de couverture dentaire avant l’entrée en vigueur de la réforme.

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