Ne laissons pas les enfants devenir trop gros !

L’excès pondéral des petits ne passe pas forcément en grandissant, alors attention!

Problème majeur de santé publique dans les pays industrialisés, l’excès de poids n’épargne pas les enfants. Rien qu’aux Etats-Unis et en France, on dénombre respectivement 17 et 10% d’enfants obèses.enfant-obese

En Suisse, une enquête genevoise, portant sur des enfants entre 2 et 18 ans, a montré un accroissement en taille et en poids. « En vingt ans, l’enfant « normal » a ainsi gagné environ deux centimètres et quatre kilos, relève Marie-Dominique Dayer-Métroz, médecin au Service Santé Jeunesse de Genève. Mais le gain pondéral de ceux dont le poids est supérieur à la moyenne est encore plus marqué. »

LA PREVENTION

Le corps de ceux qui vont développer une obésité peut s’étoffer trop tôt, vers l’âge de 3 ans, sans pour autant que l’enfant semble encore trop dodu. On parle alors d' »un rebond précoce d’adiposité ». Ce stade, où l’enfant perd sa minceur apparente, intervient habituellement à 6 ans et demi.

Les causes d’un surpoids chez les très jeunes sont multiples. A l’instar des adultes, les petits ne sont pas égaux devant la calorie. Parmi les facteurs de risques connus, citons une prédisposition génétique, des habitudes alimentaires inadéquates, le manque d’activité physique, des troubles du comportement alimentaire (boulimie) et des problèmes psychosociaux.

Mais quand faut-il s’inquiéter? D’une manière générale, on peut compter sur le pédiatre pour réagir avant que le problème de poids ne s’installe. En plus des traditionnels graphiques poids/âge, il peut se référer aux courbes de BMI (indice de masse corporelle, défini par le poids divisé par le carré de la taille) très utiles pour repérer les sujets qui sont en train de devenir obèses.

Et quelle attitude adopter face à un enfant trop fort? « Surtout, il ne sert à rien de lui répéter qu’il est gros, il le sait déjà! insiste le Dr Dayer-Métroz. Mieux vaut se demander pourquoi il est ainsi et l’aider à y remédier. »

Ensuite, il ne faut pas penser régime comme chez les adultes. Le plan alimentaire ne doit pas être restrictif, mais suffisamment équilibré pour permettre à l’enfant de grandir harmonieusement jusqu’à ce qu’il « rentre dans les courbes ».

Un des principaux avantages qu’a l’enfant trop enveloppé sur les grandes personnes, c’est qu’il est en pleine croissance. Plutôt que de le faire maigrir, on va chercher à stabiliser son poids pendant qu’il gagne des centimètres.

Autre stratégie payante: respecter au maximum le goût de junior. Les petits plaisirs (tels que les aliments sucrés) ne sont pas supprimés, mais mesurés. L’idée est de lui faire comprendre la notion de balance entre les apports et les dépenses d’énergie. Si on mange trop, cet équilibre est brisé et on grossit. Sans oublier de revaloriser les activités physiques: un enfant « bouge » naturellement beaucoup. L’encourager dans ce sens revient aussi à lui apprendre à compenser un solide appétit.

La prévention dès le berceau

Pour éviter à son enfant d’avoir des problèmes de poids plus tard, il ne faudrait pas…

  • lui donner de l’eau sucrée dans le biberon ou tremper sa lolette dans un liquide sucré;
  • insister pour qu’il finisse son biberon ou son assiette;
  • utiliser les sucreries pour le consoler, le récompenser ou pour vous « remplacer » lorsque vous êtes absents;
  • croire qu’il va d’instinct s’arrêter de manger quand il n’a plus faim;
  • autoriser les grignotages intempestifs tout au long de la journée au lieu de structurer les prises alimentaires (trois repas et deux collations);
  • lui donner fréquemment des boissons sucrées (limonades, jus de fruits, sirops, etc.);
  • le laisser manger devant la télévision;
  • lui faire sans cesse des remarques sur son poids;
  • croire que ses kilos en trop partiront tout seuls en grandissant.

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