« Les heures de colle ne suffisent plus » : ce collège remplace les punitions par une sanction qui change vraiment les élèves

Pendant des décennies, l’heure de colle a été la réponse quasi automatique aux écarts de conduite à l’école. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’établissements s’interrogent : cette punition fait-elle réellement évoluer les comportements ? Dans un collège de la Drôme, la réponse est claire — non. L’établissement a donc choisi une alternative radicalement différente… et profondément éducative.

Une sanction qui ne vise plus à punir, mais à faire grandir

Au lieu d’exclure temporairement un élève ou de l’isoler en retenue, le collège propose désormais une mesure de responsabilisation : du bénévolat au sein d’une association caritative.

Concrètement, lorsqu’une exclusion est envisagée, l’élève peut accepter d’effectuer des heures d’aide auprès d’une structure locale, en dehors du temps scolaire. Cette action n’a rien d’une simple corvée. Elle vise à confronter les jeunes à la réalité sociale, à développer leur empathie et à leur faire prendre conscience de l’impact de leurs actes.

L’objectif n’est pas d’humilier, mais d’éveiller.

Sortir de la spirale de l’exclusion

Les exclusions temporaires posent un problème bien connu : elles coupent l’élève du cadre scolaire, sans forcément traiter la cause du comportement. Pire, elles peuvent parfois accentuer le décrochage et renforcer le sentiment d’injustice ou d’opposition.

Avec cette nouvelle approche, l’établissement cherche au contraire à :

  • Maintenir un cadre structurant
  • Responsabiliser l’élève
  • Donner du sens à la sanction
  • Valoriser une action positive
  • Favoriser la maturité émotionnelle

Plutôt que d’être mis à l’écart, l’élève devient utile.

Une immersion dans le « monde réel »

Au sein de l’association partenaire, les jeunes participent à des activités concrètes : distribution d’aide alimentaire, soutien aux personnes en difficulté, tâches logistiques ou accompagnement de publics fragiles.

Cette immersion est souvent un choc salutaire. Elle permet aux élèves de sortir de leur univers habituel et de mesurer les réalités sociales auxquelles certains sont confrontés au quotidien.

Beaucoup découvrent qu’ils peuvent avoir un impact positif — et que leur énergie peut servir à autre chose qu’à la confrontation.

Développer l’empathie plutôt que la peur de la punition

L’idée centrale de cette initiative est simple : on ne change pas durablement un comportement par la seule contrainte. En revanche, l’expérience vécue, la rencontre humaine et le sentiment d’utilité peuvent transformer profondément la perception des autres.

Les éducateurs impliqués insistent sur ce point : il ne s’agit pas d’une punition déguisée, mais d’une démarche pédagogique. L’élève est invité à réfléchir à ses actes, à comprendre leurs conséquences et à reconstruire une image positive de lui-même.

Planter des « graines » plutôt que sanctionner à court terme.

Une solution qui pourrait inspirer d’autres établissements

Face à l’augmentation des incivilités et des tensions scolaires, ce type de mesure apparaît comme une piste prometteuse. Elle répond à un double enjeu : maintenir l’autorité de l’école tout en préservant la dimension éducative.

Car au fond, la question n’est pas seulement de sanctionner un comportement inacceptable, mais d’éviter qu’il ne se reproduise.

Et si la meilleure discipline n’était pas celle qui punit le plus, mais celle qui transforme le plus ?


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