En hiver, les courges envahissent les étals : potimarron, butternut, citrouille… Réconfortantes, nutritives et faciles à cuisiner, elles font partie des légumes stars de la saison. Pourtant, derrière leur apparence inoffensive peut parfois se cacher un danger bien réel. Dans de rares cas, certaines courges peuvent provoquer une intoxication sévère, avec des conséquences impressionnantes sur l’organisme.
Une nuit de cauchemar après un simple repas
Tout a commencé comme une soirée ordinaire. Après avoir consommé une courge achetée en magasin, un homme a été pris de violentes nausées au cours de la nuit. Les vomissements se sont enchaînés à un rythme extrême, accompagnés de spasmes douloureux et d’une grande faiblesse.
Pensant d’abord à une indigestion, il a attendu que les symptômes passent. Mais les jours suivants ont apporté leur lot d’inquiétudes : une fatigue intense, une sensation de malaise persistant… puis des manifestations inattendues.
Des symptômes spectaculaires et inquiétants
Quelques jours plus tard, sa peau s’est mise à peler massivement, notamment sur le torse et le dos, comme après un coup de soleil sévère. Dans le même temps, ses cheveux ont commencé à tomber par poignées.
Face à ces signes inhabituels, il consulte enfin. Les examens médicaux ne révèlent rien d’évident. Ce n’est qu’en évoquant le goût particulièrement amer de la courge consommée que l’origine du problème devient claire.
La responsabilité des cucurbitacines
Certaines courges peuvent contenir des substances toxiques appelées cucurbitacines. Naturellement présentes dans les variétés sauvages, elles peuvent réapparaître dans des légumes cultivés à la suite d’une hybridation accidentelle.
Ces molécules sont extrêmement amères et irritantes. Lorsqu’elles sont ingérées en quantité, elles peuvent provoquer :
- des nausées et vomissements violents
- des douleurs abdominales intenses
- une diarrhée parfois sévère
- une déshydratation importante
- plus rarement, une chute de cheveux et une desquamation cutanée
Dans les cas les plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire.
Un danger invisible à l’œil nu
Le problème est que ces courges toxiques ressemblent en tout point aux variétés comestibles. Couleur, forme, texture : rien ne permet de les distinguer visuellement.
Le seul indice fiable est le goût. Contrairement aux courges habituelles, plutôt douces ou légèrement sucrées, celles contenant des cucurbitacines sont très amères.
Cette amertume ne disparaît pas à la cuisson. Si le légume a un goût désagréable, il ne faut surtout pas insister.
Courges décoratives : un piège fréquent
Certaines petites courges utilisées en décoration, appelées coloquintes, sont systématiquement non comestibles. Elles peuvent être confondues avec des variétés culinaires et représentent un risque d’intoxication.
Il est également déconseillé de consommer des courges issues de semences récupérées au jardin sans connaître leur origine, car des croisements avec des variétés sauvages peuvent produire des fruits toxiques.
Le geste simple qui peut tout changer
Avant de cuisiner une courge inconnue ou douteuse, il est recommandé de goûter un minuscule morceau cru.
- Si le goût est neutre ou légèrement sucré : elle est consommable
- Si le goût est amer : il faut immédiatement recracher et jeter la courge
Même une petite quantité peut suffire à déclencher des troubles digestifs sévères.
Quand faut-il consulter ?
Après ingestion d’une courge amère, certains signes doivent alerter :
- vomissements répétés
- douleurs abdominales importantes
- diarrhée persistante
- signes de déshydratation
- faiblesse intense
Dans ces situations, il est préférable de contacter un centre antipoison ou de consulter rapidement un médecin.
Un aliment sain… dans la grande majorité des cas
Il est important de rappeler que les intoxications liées aux courges restent rares. La grande majorité des variétés vendues dans le commerce sont parfaitement sûres et excellentes pour la santé.
Riches en fibres, en vitamines et en antioxydants, les courges demeurent des alliées nutritionnelles de l’hiver. Le danger apparaît uniquement lorsqu’une variété anormalement amère est consommée.
En résumé : si une courge a un goût amer, ne la mangez pas.
Ce réflexe simple peut éviter une intoxication potentiellement grave — et transformer un simple repas d’hiver en expérience sans risque.