Elle ressentait une douleur inhabituelle, mais aucun examen n’a sonné l’alarme. Moins d’un an plus tard, elle n’était plus là. L’histoire de Bernadette, 52 ans, bouleverse aujourd’hui sa famille — et met en lumière une forme de cancer du sein aussi rare que méconnue : le cancer du sein inflammatoire.
Une inquiétude instinctive… vite rassurée
Tout commence par une douleur à l’aisselle et au sein gauche. Bernadette sent que quelque chose ne va pas. Pourtant, lors de sa première consultation, aucun nodule n’est détecté et la mammographie ne révèle rien d’anormal. Elle est rassurée et renvoyée chez elle.
Mais les semaines passent et les symptômes empirent : le sein devient gonflé, rouge, douloureux. À plusieurs reprises, elle recontacte son médecin. On lui prescrit des antibiotiques, suspectant une infection ou une mastite. Rien n’y fait.
Sans masse palpable ni image suspecte, l’hypothèse d’un cancer semble écartée.
Le cancer du sein inflammatoire, une maladie trompeuse
Ce que Bernadette ignorait — comme beaucoup de patients et même certains soignants — c’est que le cancer du sein inflammatoire ne se comporte pas comme les autres.
Contrairement aux formes plus courantes, il :
- ne forme généralement pas de boule
- peut passer inaperçu à la mammographie
- progresse très rapidement
- se manifeste surtout par des changements visibles de la peau
Les signes caractéristiques incluent :
- rougeur persistante du sein
- gonflement soudain
- sensation de chaleur
- peau épaissie ou aspect « peau d’orange »
- douleur inhabituelle
- modification rapide de la taille ou de la forme du sein
Faute d’un diagnostic précoce, la maladie peut évoluer en quelques semaines.
Un diagnostic tardif aux conséquences dramatiques
Ce n’est que plusieurs mois plus tard, après de nouveaux examens, que le verdict tombe : cancer du sein inflammatoire au stade 4.
Bernadette entame immédiatement une chimiothérapie et garde l’espoir d’une chirurgie suivie de radiothérapie. Elle est déterminée à se battre.
Mais la maladie progresse encore. Quelques mois après le diagnostic, de violents maux de tête et des vertiges apparaissent. Les analyses révèlent des métastases cérébrales.
Moins de deux semaines après cette découverte, elle décède entourée de sa famille.
Une maladie rare mais particulièrement agressive
Le cancer du sein inflammatoire représente une faible proportion des cancers du sein, mais il est l’un des plus agressifs. Au moment du diagnostic, une part importante des patientes présentent déjà une maladie avancée.
Sa rapidité d’évolution et l’absence de masse palpable expliquent les retards fréquents de diagnostic.
Transformer la tragédie en message d’alerte
Après sa disparition, ses proches ont décidé de parler pour éviter que d’autres femmes ne vivent la même histoire. Leur objectif : faire connaître les symptômes atypiques et encourager à demander un second avis en cas de doute.
Car un point ressort clairement de nombreux témoignages : lorsqu’une femme sent que quelque chose ne va pas, il est essentiel d’insister, même si les premiers examens sont rassurants.
Ce qu’il faut retenir
La prévention du cancer du sein ne repose pas uniquement sur la recherche d’une boule. Certains signes visibles ou sensations inhabituelles doivent aussi alerter.
Consultez rapidement si vous observez :
- une rougeur persistante d’un sein
- un gonflement soudain
- une douleur inhabituelle qui ne disparaît pas
- un changement rapide d’aspect de la peau
- une sensation de chaleur locale
- une asymétrie nouvelle
Et surtout : si l’inquiétude persiste, demander un second avis peut sauver une vie.