En janvier 2026, de nombreux retraités du secteur privé pourraient avoir une mauvaise surprise en consultant leur relevé bancaire. Sans annonce spectaculaire, sans réforme visible, le montant net de leur retraite complémentaire pourrait diminuer. En cause : un ajustement automatique des prélèvements sociaux appliqués par le régime Agirc-Arrco.
Un changement technique, mais aux effets bien réels sur le pouvoir d’achat.
La retraite complémentaire, un pilier souvent sous-estimé
Pour les anciens salariés du privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco représente une part essentielle des revenus mensuels. Elle s’ajoute à la pension de base et repose sur un système de points acquis tout au long de la carrière.
Si le montant brut de cette pension est généralement bien identifié par les retraités, le montant net réellement perçu dépend, lui, de plusieurs prélèvements sociaux souvent relégués en bas de page du relevé mensuel. Et ce sont précisément ces lignes discrètes qui peuvent évoluer d’une année sur l’autre.
CSG, CRDS, CASA : ce qui est prélevé sur votre pension
La pension Agirc-Arrco est soumise à différents prélèvements sociaux obligatoires :
- la CSG (contribution sociale généralisée),
- la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale),
- la CASA (contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie),
- et, dans la plupart des cas, une cotisation d’assurance maladie de 1 %.
Selon votre situation, l’ensemble de ces prélèvements peut représenter jusqu’à 10,1 % de votre pension complémentaire brute. Une différence loin d’être anodine, surtout dans un contexte de hausse des prix et de dépenses de santé.
Des taux variables selon votre revenu fiscal
Les taux de prélèvements sociaux appliqués à la retraite complémentaire ne sont pas les mêmes pour tous. Ils dépendent principalement du revenu fiscal de référence, du nombre de parts fiscales et de la situation du foyer.
On distingue quatre niveaux :
- Exonération totale (0 %)
- Taux réduit : 4,3 %
- Taux médian : 7,4 %
- Taux normal : 9,1 %
À titre d’exemple, pour une personne seule, l’exonération s’applique en dessous d’environ 13 000 € de revenu fiscal de référence, tandis que le taux normal concerne les revenus dépassant environ 26 000 €. Pour un couple, les seuils sont plus élevés.
Autre élément important :
➡️ La hausse de taux n’intervient qu’après deux années consécutives de dépassement des seuils, tandis qu’une baisse peut s’appliquer dès l’année suivante en cas de diminution des revenus.
Janvier 2026 : le moment clé à surveiller
Le véritable basculement interviendra avec le versement de début janvier 2026, effectué autour du 2 janvier. Ce paiement intégrera automatiquement les nouveaux taux de prélèvements sociaux calculés à partir :
- de l’avis d’imposition 2025,
- lui-même basé sur les revenus de 2024.
Le montant brut de la pension ne change pas. Mais le montant net, lui, peut évoluer.
Trois situations possibles pour les retraités
En pratique, les retraités seront confrontés à trois scénarios :
- Une baisse du net perçu
Pour ceux qui basculent vers une tranche de CSG plus élevée ou perdent une exonération. - Un montant stable
Si le taux de prélèvements reste identique à celui de l’année précédente. - Une légère hausse du net
En cas de baisse de revenus ou d’augmentation du nombre de parts fiscales, entraînant une diminution du taux de prélèvements.
Ce sont surtout les retraités aux revenus modestes ou intermédiaires qui risquent d’être les plus touchés par une baisse, parfois de plusieurs dizaines d’euros par an.
Comment savoir si vous êtes concerné ?
Pour éviter toute mauvaise surprise :
- consultez votre revenu fiscal de référence sur votre dernier avis d’imposition,
- comparez-le aux seuils officiels de CSG,
- vérifiez votre taux de prélèvements sur votre espace personnel Agirc-Arrco.
Beaucoup de retraités ne découvriront l’impact réel qu’au moment du virement, alors que tout se joue bien en amont, dans ces ajustements automatiques de prélèvements sociaux.
À retenir
En janvier 2026, aucun point Agirc-Arrco ne disparaît. Pourtant, le net versé peut diminuer. Un changement discret, technique, mais qui pèsera concrètement sur le budget de milliers de retraités. Anticiper et comprendre ces mécanismes reste le meilleur moyen d’éviter la surprise.