Votre enfant coupe souvent la parole, peine à attendre son tour ou semble particulièrement envahissant en classe ? Lorsque ces comportements se répètent dans le temps et apparaissent dans plusieurs situations, ils peuvent faire partie des signes qui incitent à rechercher un éventuel TDAH.
Un enfant agité, distrait ou impatient n’est pas forcément atteint d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, plus connu sous le nom de TDAH. Pourtant, lorsque certaines difficultés deviennent persistantes et commencent à perturber la vie scolaire, familiale ou sociale, elles méritent davantage d’attention.
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui peut notamment se manifester par des difficultés d’attention, de l’impulsivité et, chez certains enfants, une forte agitation. Ses manifestations sont toutefois très variables d’un enfant à l’autre.
Un enfant agité n’est pas forcément atteint de TDAH
L’un des principaux pièges consiste à associer automatiquement le TDAH à un enfant qui ne tient pas en place.
En réalité, le trouble peut prendre différentes formes. Certains enfants sont surtout hyperactifs et impulsifs, tandis que d’autres présentent principalement des difficultés à rester concentrés, à terminer une tâche ou à organiser leur travail.
C’est notamment pour cette raison que certains enfants peuvent passer longtemps sous les radars. Un élève calme mais constamment dans la lune peut rencontrer des difficultés importantes sans attirer autant l’attention qu’un camarade particulièrement agité.
Il faut donc regarder l’ensemble du comportement de l’enfant plutôt qu’un symptôme isolé.
Le caractère persistant des difficultés est un élément important
Tous les enfants peuvent avoir des périodes où ils sont plus distraits, impatients ou turbulents.
Une mauvaise nuit, un changement familial, une période de stress ou simplement un manque d’intérêt pour une activité peuvent temporairement modifier leur comportement.
Dans le cas d’un possible TDAH, les difficultés ont tendance à s’inscrire dans la durée. Elles ne se limitent généralement pas à quelques jours difficiles ou à une période particulière de l’année scolaire.
Un autre élément important est leur présence dans plusieurs contextes. Les difficultés peuvent par exemple être observées :
- à l’école ;
- à la maison ;
- pendant les devoirs ;
- lors d’activités sportives ou extrascolaires ;
- dans les interactions avec d’autres enfants.
Le fait qu’un comportement apparaisse uniquement avec un professeur ou dans une matière précise ne suffit donc pas, à lui seul, à évoquer un TDAH.
Ce comportement en classe peut attirer l’attention des enseignants
L’école est souvent l’un des lieux où certaines difficultés deviennent particulièrement visibles.
Un enfant présentant une forte impulsivité peut, par exemple, avoir beaucoup de mal à attendre son tour. Il peut répondre avant que l’enseignant ait terminé sa question, interrompre régulièrement les autres ou intervenir constamment dans une conversation.
En classe, cela peut donner l’impression qu’il cherche à attirer l’attention ou qu’il ne respecte pas les règles.
Pourtant, chez certains enfants, cette attitude peut être liée à une difficulté réelle à contrôler leurs impulsions.
Un enfant peut également :
- se lever fréquemment alors qu’il devrait rester assis ;
- oublier régulièrement ses affaires ;
- perdre le fil des consignes ;
- commencer un exercice puis passer rapidement à autre chose ;
- avoir beaucoup de mal à terminer son travail ;
- parler de manière excessive ;
- sembler ne pas écouter lorsqu’on lui parle directement.
Pris séparément, aucun de ces comportements ne permet de poser un diagnostic. C’est leur fréquence, leur intensité et surtout leur impact sur la vie quotidienne qui comptent.
Pourquoi les enseignants repèrent-ils parfois les premiers signes ?
La classe impose de nombreuses contraintes : écouter des consignes, rester assis, attendre son tour, travailler en autonomie et rester concentré pendant plusieurs minutes.
Ces situations peuvent rendre particulièrement visibles certaines difficultés liées à l’attention ou au contrôle des impulsions.
Les enseignants disposent également d’un point de comparaison important puisqu’ils côtoient quotidiennement plusieurs enfants du même âge.
Ils peuvent donc remarquer qu’un élève rencontre nettement plus de difficultés que ses camarades dans certaines situations.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un enseignant puisse diagnostiquer un TDAH. Ses observations peuvent toutefois être très utiles lorsqu’une famille consulte un professionnel de santé.
Les filles peuvent présenter des signes plus discrets
Le TDAH n’a pas toujours la même apparence chez tous les enfants.
Certaines filles, par exemple, présentent moins d’hyperactivité visible et davantage de difficultés d’attention. Elles peuvent sembler rêveuses, désorganisées ou facilement débordées plutôt que particulièrement turbulentes.
Ces manifestations étant moins perturbatrices pour la classe, elles peuvent parfois être repérées plus tardivement.
C’est pourquoi l’absence d’agitation importante ne permet pas d’écarter automatiquement la possibilité d’un trouble de l’attention.
Quand faut-il consulter ?
Il peut être utile d’en parler avec un professionnel lorsque les difficultés de l’enfant deviennent suffisamment importantes pour perturber son quotidien.
Par exemple, si elles entraînent régulièrement :
- des problèmes scolaires ;
- des conflits avec les autres enfants ;
- une baisse importante de confiance en soi ;
- des difficultés permanentes à faire les devoirs ;
- des sanctions répétées ;
- une grande souffrance chez l’enfant ou dans la famille.
Le premier interlocuteur peut être le médecin traitant ou le pédiatre. Selon la situation, celui-ci pourra ensuite orienter la famille vers un professionnel spécialisé.
Le diagnostic du TDAH repose sur une évaluation globale. Il n’existe pas de simple test permettant de confirmer le trouble en quelques minutes.
Les professionnels prennent notamment en compte le développement de l’enfant, son comportement dans différents environnements et l’impact des difficultés sur sa vie quotidienne.
Une prise en charge adaptée peut réellement aider l’enfant
Lorsqu’un TDAH est identifié, la prise en charge dépend des besoins de chaque enfant.
Elle peut notamment associer des conseils éducatifs, des aménagements à l’école, un accompagnement psychologique ou comportemental ainsi qu’un travail avec les parents et les enseignants.
Dans certaines situations, un traitement médicamenteux peut également être proposé par un professionnel de santé lorsqu’il est jugé nécessaire.
L’objectif n’est pas de changer la personnalité de l’enfant, mais de l’aider à mieux gérer ses difficultés et à retrouver un quotidien plus serein.
Un comportement isolé ne permet jamais de conclure
Un enfant qui coupe la parole ou qui ne tient pas en place n’est pas nécessairement atteint de TDAH.
En revanche, lorsque l’impulsivité, les difficultés d’attention ou l’agitation sont persistantes, présentes dans plusieurs environnements et suffisamment importantes pour gêner sa vie quotidienne, elles constituent de bonnes raisons d’en parler avec un professionnel.
Plus que la présence d’un signe particulier, c’est donc la répétition des difficultés et leur impact sur l’enfant qui doivent retenir l’attention.