Pour certaines familles, le passage à la nouvelle année s’est transformé en une nuit d’horreur. À Crans-Montana, station alpine réputée de Suisse romande, un incendie d’une violence extrême a ravagé le bar Le Constellation, provoquant un drame humain d’une ampleur exceptionnelle.
Survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le sinistre aurait coûté la vie à une quarantaine de personnes et fait plus d’une centaine de blessés graves, selon un bilan encore provisoire. Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des proches plongés dans l’attente et une douleur qui ne trouve pas de mots.
Une soirée festive virée au cauchemar
Ils étaient venus célébrer le Nouvel An, partager un moment de joie entre amis, sans imaginer une seule seconde que la fête tournerait au drame. Dans l’établissement bondé, les flammes se sont propagées en quelques instants, piégeant de nombreuses personnes à l’intérieur.
Parmi les victimes potentielles figurent plusieurs ressortissants français. D’après le ministère des Affaires étrangères, neuf Français ont été identifiés parmi les blessés, tandis que plusieurs autres restent introuvables, alimentant l’angoisse de leurs proches.
« Je pense que mon enfant fait partie des morts »
Parmi les parents toujours sans nouvelles, Laetitia vit une attente insoutenable. Son fils faisait partie des jeunes présents dans le bar cette nuit-là. Leur dernier échange remonte à quelques minutes après minuit, lorsqu’elle l’a appelé pour lui souhaiter la bonne année. Depuis, le silence.
Au micro de RTL, la mère raconte les dernières images envoyées par son fils et ses amis, quelques instants avant le drame. Une publication montrant des bouteilles décorées de bougies. Quelques minutes plus tard, l’incendie était signalé. Une coïncidence terrible qui la hante.
Un seul ami de la table a été retrouvé vivant, grièvement brûlé. Les autres restent introuvables. « Tout le reste de la tablée, on n’en retrouve aucun », confie-t-elle, la voix brisée.
Le poids du silence et du manque d’informations
Au-delà de la tragédie, c’est aussi l’absence de réponses qui épuise les familles. Regroupés dans des cellules de crise, les parents attendent, parfois pendant des heures, sans savoir où se trouvent leurs enfants, ni même s’ils sont encore en vie.
Beaucoup dénoncent un manque de communication officielle, expliquant apprendre davantage d’éléments via les réseaux sociaux que lors des points presse. Une situation vécue comme une épreuve supplémentaire, alors que chaque minute d’attente semble durer une éternité.
« On doit savoir où est notre enfant », répète cette mère. Hôpital, morgue, liste des victimes… l’incertitude est totale et la souffrance immense.
Des familles suspendues à l’espoir
Malgré tout, une infime lueur d’espoir subsiste. Celle de retrouver un proche encore vivant, identifié tardivement, hospitalisé loin des siens. Soutenues par les amis et les proches des victimes, les familles tentent de tenir, unies dans la douleur et l’attente.
À Crans-Montana, le choc est immense. L’enquête devra déterminer les causes exactes de l’incendie et les responsabilités éventuelles. Mais pour les parents, l’urgence est ailleurs : savoir, enfin, ce qu’il est advenu de leurs enfants.
En attendant, ils vivent ce qu’ils décrivent eux-mêmes comme « un cauchemar sans nom ».