Dans l’hôtellerie-restauration, recruter du personnel serait devenu un véritable casse-tête pour certains employeurs. María García, propriétaire d’un hôtel, estime que les attentes des candidats ont profondément changé ces dernières années. Un constat qui fait vivement réagir.
Trouver des salariés disponibles, motivés et prêts à rester durablement dans un établissement est devenu l’un des principaux défis du secteur de l’hôtellerie-restauration. Entre horaires décalés, travail le week-end, journées parfois intenses et manque de personnel, de nombreux professionnels affirment avoir de plus en plus de difficultés à compléter leurs équipes.
C’est notamment le cas de María García, propriétaire d’un hôtel et créatrice de contenu sur TikTok. Dans plusieurs vidéos relayées par la presse espagnole, elle évoque régulièrement les difficultés qu’elle rencontre lors des recrutements.
Selon elle, les attentes des candidats auraient considérablement évolué.
Des demandes qui surprennent cette propriétaire d’hôtel
Lorsqu’elle reçoit des candidats en entretien, María García affirme être parfois étonnée par les conditions demandées dès les premiers échanges.
Salaire élevé dès l’embauche, horaires précisément définis, pauses régulières ou refus de dépasser l’heure prévue : certaines exigences seraient, selon elle, difficiles à concilier avec le fonctionnement quotidien d’un hôtel.
Elle résume cette évolution du rapport au travail d’une manière particulièrement directe : certains candidats voudraient « gagner 1 800 euros, prendre cinq pauses cigarette et partir à l’heure ».
Une déclaration volontairement provocatrice qui a rapidement suscité des réactions sur les réseaux sociaux.
Pour la propriétaire, le problème ne serait pas seulement une question de rémunération. Elle estime surtout que certains postulants ne mesurent pas toujours les contraintes particulières du secteur.
Un métier où les imprévus sont nombreux
Dans un hôtel, une journée ne se déroule pas toujours exactement comme prévu.
Une arrivée tardive, un problème dans une chambre, un restaurant complet ou l’absence soudaine d’un salarié peuvent rapidement désorganiser toute une équipe.
Pour María García, cette réalité implique nécessairement une certaine souplesse.
Elle explique qu’en période de forte activité, un employé peut parfois être amené à donner un coup de main à un collègue ou à effectuer ponctuellement une tâche qui ne figure pas directement dans ses missions habituelles.
Un salarié travaillant à la réception peut, par exemple, être sollicité pour aider à gérer une urgence ailleurs dans l’établissement. De la même manière, les équipes en salle ou en cuisine doivent parfois s’entraider lorsque l’activité devient particulièrement intense.
Selon cette hôtelière, c’est justement cette solidarité qui permet à un établissement de fonctionner correctement.
« Chacun regarde désormais sa fiche de poste »
La propriétaire estime également que certains candidats seraient aujourd’hui beaucoup plus attentifs aux limites de leur fonction.
Une évolution qu’elle considère comme problématique dans un métier où les besoins peuvent changer d’une heure à l’autre.
Elle regrette notamment que certains salariés puissent répondre qu’une tâche supplémentaire « ne fait pas partie de leur travail », alors que les professionnels les plus expérimentés auraient davantage tendance à aider spontanément leurs collègues.
Son témoignage met ainsi en évidence deux visions différentes du travail.
D’un côté, certains employeurs considèrent la disponibilité et la polyvalence comme indispensables au bon fonctionnement d’une entreprise. De l’autre, de nombreux salariés souhaitent désormais que leurs horaires, leurs missions et leur rémunération soient clairement encadrés.
Les attentes des salariés ont-elles vraiment changé ?
Ces demandes ne signifient cependant pas nécessairement que les nouvelles générations refusent de travailler.
Depuis plusieurs années, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle occupe une place de plus en plus importante dans les discussions autour de l’emploi.
Les salariés sont également plus nombreux à vouloir connaître précisément leurs horaires, leur rémunération et leurs responsabilités avant d’accepter un poste.
Dans un secteur réputé pour ses horaires difficiles et son rythme soutenu, cette évolution peut entraîner des tensions entre employeurs et candidats.
Les premiers recherchent parfois davantage de flexibilité, tandis que les seconds veulent obtenir des garanties concernant leurs conditions de travail.
Un débat qui dépasse largement l’hôtellerie
Le témoignage de María García fait écho à un débat beaucoup plus large sur l’évolution du monde professionnel.
Dans la restauration, le commerce ou encore certains métiers de service, de nombreux chefs d’entreprise disent rencontrer les mêmes difficultés lorsqu’ils recrutent.
À l’inverse, certains salariés rappellent que demander des horaires respectés, un salaire jugé correct ou des pauses ne constitue pas nécessairement une exigence excessive.
Cette opposition montre surtout à quel point le rapport au travail est en train de changer.
Les entreprises cherchent à conserver la flexibilité dont elles ont besoin pour fonctionner, tandis que les salariés accordent davantage d’importance à leur temps personnel et aux conditions dans lesquelles ils exercent leur métier.
Une chose est certaine : le débat n’est probablement pas près de disparaître.