Douze enfants à la maison et un treizième bébé en route : au Royaume-Uni, l’histoire de Cheryl Prudham fascine autant qu’elle fait polémique. Cette mère de famille nombreuse percevrait plusieurs dizaines de milliers d’euros d’aides chaque année et assume pleinement d’y avoir recours.
Quand une famille compte treize enfants, le quotidien prend forcément des proportions inhabituelles. Courses, vêtements, logement, repas, école : les dépenses peuvent rapidement devenir considérables. Pour Cheryl Prudham, une Britannique déjà mère de douze enfants et enceinte de son treizième, les aides sociales constituent donc une part essentielle du budget familial.
Son histoire a largement circulé dans les médias britanniques, notamment en raison du montant impressionnant des prestations attribuées à son foyer. Selon les chiffres rapportés, la famille pourrait percevoir l’équivalent de près de 50 000 euros d’aides publiques par an.
Un montant qui suscite régulièrement des réactions, d’autant plus que Cheryl ne cache pas son désir d’avoir encore d’autres enfants.
Douze enfants et un treizième bébé attendu
Cheryl est déjà à la tête d’une famille XXL. Ses douze premiers enfants sont nés de plusieurs relations et la Britannique est aujourd’hui en couple avec Lee Ball, un homme plus jeune qu’elle.
Le couple attend désormais un enfant ensemble.
Accueillir un treizième bébé pourrait sembler inimaginable pour de nombreux parents, mais Cheryl affirme pour sa part adorer la maternité. Elle s’est même décrite comme étant « accro aux bébés » et n’exclut pas d’agrandir encore sa famille à l’avenir.
Cette passion pour les familles nombreuses attire néanmoins l’attention pour une autre raison : les prestations sociales auxquelles le foyer peut prétendre.
Près de 50 000 euros d’aides par an
Avec autant d’enfants à charge, différentes prestations peuvent se cumuler selon les ressources, la composition du foyer et les règles applicables au Royaume-Uni.
Dans le cas de Cheryl Prudham, plusieurs médias ont évoqué un montant annuel avoisinant 47 000 euros, voire davantage selon les aides et avantages pris en compte.
L’arrivée d’un nouvel enfant peut également modifier certains droits ou avantages fiscaux.
Ces sommes peuvent sembler considérables lorsqu’elles sont comparées au salaire annuel de nombreux travailleurs. C’est précisément ce qui explique pourquoi l’histoire de cette famille provoque autant de commentaires au Royaume-Uni.
Cheryl, elle, ne semble pas particulièrement gênée par les critiques.
Interrogée sur son recours aux prestations sociales, la mère de famille aurait répondu en substance que les aides publiques avaient justement été créées pour soutenir les personnes qui remplissent les conditions pour les recevoir.
Une déclaration qui a évidemment relancé le débat.
Une mère qui assume de bénéficier des allocations
Pour Cheryl, il n’est donc pas question de culpabiliser parce que sa famille bénéficie du système social britannique.
Son raisonnement est simple : si elle remplit les conditions prévues par la réglementation, elle considère qu’elle est en droit de demander les prestations correspondantes.
Une position qui divise.
Certains estiment que les allocations familiales doivent précisément permettre aux enfants de grandir dans de bonnes conditions, quelle que soit la taille de la famille.
D’autres s’interrogent au contraire sur les limites du système lorsque les prestations atteignent plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année.
Mais derrière les chiffres spectaculaires, le fonctionnement des aides britanniques est en réalité plus complexe qu’il n’y paraît.
Comment fonctionnent les allocations familiales au Royaume-Uni ?
Le système britannique ne fonctionne pas exactement comme celui de la France.
L’une des principales prestations destinées aux parents est le Child Benefit. Il s’agit d’une allocation versée aux personnes responsables d’un enfant répondant aux critères du dispositif.
Son montant dépend notamment du nombre d’enfants concernés.
À cela peuvent s’ajouter d’autres aides pour les ménages disposant de faibles revenus, notamment dans le cadre de l’Universal Credit.
Ce dernier peut prendre en compte plusieurs éléments de la situation familiale, parmi lesquels les revenus du foyer, le logement, la présence d’enfants ou encore la situation professionnelle.
Il est donc trompeur d’imaginer qu’une famille reçoit automatiquement une somme déterminée simplement parce qu’elle compte un grand nombre d’enfants.
Chaque situation est calculée selon différents critères.
Les familles nombreuses touchent-elles forcément beaucoup plus ?
Mathématiquement, certaines prestations augmentent lorsque plusieurs enfants sont à charge. Mais le Royaume-Uni a également réformé son système social au fil des années afin de limiter certains versements.
Des règles particulières peuvent notamment restreindre la prise en compte d’enfants supplémentaires pour certaines composantes de l’Universal Credit.
Le montant réellement perçu dépend donc fortement de la date de naissance des enfants, des revenus des parents, de leur situation professionnelle et des différentes prestations concernées.
Les chiffres spectaculaires associés à certaines familles nombreuses doivent ainsi être replacés dans leur contexte.
Ils peuvent aussi inclure plusieurs formes de soutien public additionnées sur une année entière.
Une histoire qui relance un débat sensible
Au-delà du cas de Cheryl Prudham, son histoire soulève une question qui revient régulièrement lorsque des familles très nombreuses sont médiatisées : jusqu’où la solidarité nationale doit-elle accompagner les choix familiaux ?
Pour leurs défenseurs, les allocations sont avant tout destinées aux enfants. Réduire les prestations risquerait donc de pénaliser les plus jeunes pour des décisions qu’ils n’ont évidemment pas prises.
À l’inverse, certains contribuables estiment que le système ne devrait pas permettre à une famille de dépendre durablement de prestations très importantes.
Deux visions difficiles à réconcilier.
Cheryl, elle, semble avoir fait son choix depuis longtemps. Avec un treizième enfant attendu et l’envie affichée de continuer à agrandir sa famille, la Britannique ne paraît pas prête à abandonner cette vie de maman XXL.
Et face aux critiques concernant les allocations, son argument reste le même : si ces aides existent et que sa famille y a légalement droit, elle ne voit aucune raison de ne pas les demander.