Le cancer du sein reste aujourd’hui l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes dans le monde. En France, plus de 61 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, et près d’une femme sur huit sera touchée au cours de sa vie.
Pourtant, une part importante de ces cancers pourrait être évitée. Selon une commission internationale de chercheurs dirigée par l’Université de Cambridge et publiée dans la revue scientifique The Lancet, environ 25 % des cas de cancer du sein seraient liés à des facteurs de risque modifiables. Autrement dit, certaines habitudes du quotidien peuvent augmenter ou réduire considérablement les risques.
Les experts insistent donc sur l’importance d’adopter un mode de vie plus sain. Plusieurs comportements, très répandus aujourd’hui, favorisent en effet l’apparition de la maladie.
La sédentarité et le manque d’activité physique
Le premier facteur pointé par les chercheurs est le manque d’activité physique.
La sédentarité est devenue un phénomène mondial. Entre le travail de bureau, les transports et les loisirs souvent liés aux écrans, beaucoup de personnes passent une grande partie de leur journée assises. Or, ce mode de vie a un impact direct sur la santé.
Une activité physique régulière permet de réguler le poids, d’équilibrer certaines hormones et de réduire l’inflammation dans l’organisme. Tous ces éléments jouent un rôle dans la prévention du cancer du sein.
Les spécialistes recommandent généralement au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, comme la marche rapide, le vélo ou la natation.
L’alimentation déséquilibrée et la prise de poids
L’alimentation est également un facteur déterminant. Une consommation excessive d’aliments ultra-transformés, riches en sucres et en graisses, favorise la surcharge pondérale et l’obésité, deux facteurs associés à un risque plus élevé de cancer du sein.
Le tissu graisseux produit en effet certaines hormones, notamment des œstrogènes, qui peuvent stimuler la croissance de cellules cancéreuses dans certains types de cancers du sein.
Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, fibres et bonnes graisses, peut contribuer à réduire ce risque. Les nutritionnistes recommandent également de limiter les aliments ultra-transformés et les excès de sucre.
La consommation d’alcool, même modérée
La consommation d’alcool est un autre facteur souvent sous-estimé. Pourtant, plusieurs études montrent que même une consommation modérée peut augmenter le risque de cancer du sein.
Boire un verre d’alcool par jour en moyenne peut déjà avoir un impact sur le risque. Les chercheurs estiment que jusqu’à 17 % des cas de cancer du sein pourraient être liés à la consommation régulière d’alcool.
L’alcool agit notamment en augmentant le taux d’œstrogènes dans le sang et en favorisant certains processus biologiques associés au développement de cancers.
Limiter sa consommation, voire l’éviter complètement, constitue donc une mesure de prévention importante.
L’allaitement pourrait aussi jouer un rôle protecteur
L’étude évoque également un autre élément intéressant : le rôle protecteur de l’allaitement maternel.
Les chercheurs ont observé que les femmes qui allaitent pendant une période plus longue présentent un risque légèrement plus faible de développer un cancer du sein.
Selon certaines estimations, chaque période supplémentaire de 12 mois d’allaitement pourrait réduire le risque d’environ 4 %. Cette protection s’explique en partie par la réduction du nombre de cycles menstruels au cours de la vie d’une femme, ce qui diminue l’exposition aux hormones impliquées dans certains cancers.
Les professionnels de santé recommandent généralement un allaitement d’au moins six mois, voire plus lorsque cela est possible.
Prévention : des gestes simples qui peuvent faire la différence
Même si tous les cancers ne peuvent pas être évités, cette étude rappelle que le mode de vie joue un rôle essentiel dans la prévention.
Bouger davantage, adopter une alimentation équilibrée, limiter l’alcool et maintenir un poids stable sont autant de gestes simples qui peuvent contribuer à réduire les risques.
La prévention passe aussi par le dépistage régulier, notamment à partir de 50 ans, afin de détecter la maladie le plus tôt possible. Plus le cancer du sein est diagnostiqué tôt, plus les chances de guérison sont élevées.
Ces résultats soulignent finalement une réalité importante : de petits changements dans les habitudes quotidiennes peuvent avoir un impact réel sur la santé à long terme.