Après Camaïeu et Kookaï, une nouvelle enseigne emblématique vacille

Le secteur de l’habillement traverse une zone de fortes turbulences en France. Après la disparition ou les difficultés rencontrées par plusieurs enseignes emblématiques comme Camaïeu, Kookaï ou encore Minelli, c’est désormais une marque très connue du prêt-à-porter pour enfants qui se retrouve fragilisée. Une annonce qui inquiète autant les clients fidèles que les salariés du groupe concerné.

Selon les informations relayées par TF1 Info, la situation financière de l’enseigne se dégradait depuis plusieurs mois. Face à cette réalité, une décision judiciaire a été prise afin de tenter de sauver l’activité, dans un contexte économique devenu particulièrement tendu pour les acteurs du milieu de gamme.


Okaïdi placée en redressement judiciaire

C’est la marque Okaïdi qui vient d’être placée en redressement judiciaire, à la suite d’une décision rendue par le tribunal de commerce de Lille Métropole. Le groupe IDKIDS, propriétaire de l’enseigne, a confirmé cette information, également rapportée par AFP.

Basée à Roubaix, Okaïdi affiche pourtant un chiffre d’affaires annuel d’environ 600 millions d’euros, dont près de la moitié réalisée en France. Mais cette performance ne suffit plus à compenser les difficultés structurelles auxquelles la marque est confrontée.

La procédure ne concerne pas uniquement Okaïdi. D’autres entités du groupe sont également touchées, notamment Obaïbi, Oxybul, ainsi que la plateforme logistique IDLOG. Au total, près de 2 000 emplois en France se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’incertitude. À noter toutefois que certaines activités échappent à cette procédure, comme la marque haut de gamme Jacadi Paris, les franchises et les filiales internationales.


Un « effet sablier » qui fragilise les marques de milieu de gamme

Pour expliquer cette situation, le groupe évoque un phénomène bien connu dans le secteur : l’« effet sablier ». La marque se retrouve prise en étau entre l’ultra fast-fashion, qui propose des prix très bas, et le haut de gamme, souvent plus résilient face aux crises. Positionnée sur le milieu de gamme, Okaïdi peine à maintenir son attractivité auprès des consommateurs.

En interne, les inquiétudes sont réelles. Les représentants du personnel redoutent notamment des fermetures de magasins, même si aucune annonce officielle n’a encore été faite à ce sujet. Selon eux, les prix pratiqués seraient devenus trop élevés pour une partie de la classe moyenne, entraînant une baisse progressive de la fréquentation et des ventes.


Une crise plus large du prêt-à-porter en France

Ce redressement judiciaire s’inscrit dans un contexte plus global de crise du secteur de l’habillement. En mars 2024, le groupe IDKIDS avait déjà annoncé une stratégie de simplification, avec la suppression de 250 postes dans le réseau de magasins et de 50 emplois au siège. Des mesures importantes qui n’ont toutefois pas permis d’enrayer la dégradation de la situation.

Le contraste est d’autant plus frappant avec les performances de Jacadi Paris, qui a réalisé en 2025 la meilleure année de son histoire, avec une rentabilité en hausse de 35 %. Un écart significatif qui illustre les profondes mutations du marché : montée en puissance du e-commerce, impact durable de la crise sanitaire, inflation et concurrence accrue de la fast fashion.

Reste désormais à savoir si ce redressement judiciaire offrira à Okaïdi l’opportunité de se réinventer et de retrouver un second souffle, ou s’il s’agira d’une étape supplémentaire vers une disparition du paysage de la mode française, déjà largement fragilisé.


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