Après près de quarante années de travail, Fabienne a décidé de ne pas attendre davantage pour profiter de sa retraite. Cette ancienne infirmière a quitté la vie active à 62 ans avec une pension de 1 700 euros par mois, alors qu’elle estime qu’elle aurait pu toucher environ 2 200 euros en poursuivant jusqu’à 67 ans. Trois ans plus tard, elle ne regrette pourtant pas son choix.
Partir plus tôt et accepter une pension moins élevée, ou continuer à travailler plusieurs années afin d’augmenter ses revenus à la retraite ? Pour de nombreux actifs qui approchent de la fin de leur carrière, la question peut être difficile à trancher.
Fabienne Onéglia, ancienne infirmière, a fait son choix. Après 39 années de carrière, d’abord à l’hôpital puis en libéral, elle a décidé de raccrocher à 62 ans.
Dans un reportage diffusé par M6 Info en juin 2025, elle expliquait avoir préféré profiter de sa retraite immédiatement plutôt que de prolonger sa vie professionnelle uniquement pour obtenir une pension plus importante.
Elle aurait pu toucher environ 500 euros de plus par mois
Au moment de son départ, Fabienne avait atteint l’âge lui permettant de faire valoir ses droits à la retraite. Son choix a cependant eu un impact important sur le montant de sa pension.
Aujourd’hui, elle perçoit environ 1 700 euros par mois. Selon ses estimations, en attendant jusqu’à 67 ans, sa retraite aurait pu atteindre environ 2 200 euros mensuels, soit une différence de près de 500 euros par mois.
Une somme loin d’être négligeable sur plusieurs années.
Pour autant, l’ancienne infirmière dit avoir accepté cette perte financière en toute connaissance de cause. Son objectif était avant tout de disposer de davantage de temps libre après plusieurs décennies de travail.
Son expérience professionnelle a également joué un rôle dans sa décision. Au cours de sa carrière, Fabienne dit avoir vu certaines personnes attendre leur retraite pendant des années avant de tomber malades peu de temps après leur départ.
Une réalité qui l’a poussée à considérer le temps disponible comme aussi important que le montant de sa pension.
Une retraite à 1 700 euros qui impose quelques compromis
Avec une pension de 1 700 euros mensuels, Fabienne reconnaît qu’elle doit désormais surveiller davantage certaines dépenses.
Elle explique notamment chercher à réduire ses frais autant que possible afin de conserver un budget équilibré.
Cela ne signifie toutefois pas qu’elle a renoncé aux loisirs.
Depuis son départ à la retraite, elle continue à pratiquer différentes activités, notamment la randonnée, la piscine et le sport. Elle passe également régulièrement du temps avec ses amis.
Des occupations qu’elle considère comme relativement accessibles financièrement et qui lui permettent de profiter pleinement de son nouveau quotidien.
Son mode de vie repose donc davantage sur des activités simples et sur le temps passé avec ses proches que sur des dépenses importantes.
« Profiter maintenant » plutôt qu’attendre plusieurs années
Le témoignage de Fabienne illustre un dilemme auquel de nombreux futurs retraités peuvent être confrontés.
Travailler quelques années supplémentaires peut permettre d’améliorer sensiblement le montant d’une pension. Mais cela signifie également repousser d’autant le moment où l’on peut véritablement disposer de son temps.
Dans le cas de Fabienne, la décision semble aujourd’hui totalement assumée. Trois ans après avoir quitté son métier, elle estime avoir trouvé un équilibre entre ses ressources financières et la vie qu’elle souhaitait mener.
Elle a donc privilégié plusieurs années de liberté supplémentaires, même si ce choix s’est traduit par une pension moins élevée.
Partir avant le taux plein, un choix de plus en plus fréquent
Fabienne n’est pas un cas isolé.
Selon les chiffres évoqués dans le reportage de M6, la proportion de personnes choisissant de partir à la retraite sans attendre le taux plein aurait fortement augmenté en une dizaine d’années.
La décision reste toutefois encadrée par la réglementation.
En règle générale, un assuré doit avoir atteint l’âge légal de départ pour pouvoir liquider sa retraite, sauf s’il bénéficie d’un dispositif spécifique. Certaines situations permettent en effet un départ anticipé, notamment les carrières longues, certains handicaps ou encore des catégories particulières de travailleurs.
Lorsque le nombre de trimestres ou les conditions nécessaires au taux plein ne sont pas réunis, une réduction du montant de la pension peut ensuite s’appliquer selon la situation.
Il est donc essentiel de réaliser plusieurs simulations avant de prendre une décision définitive.
Un arbitrage très personnel
Le témoignage de Fabienne rappelle finalement qu’il n’existe pas une seule bonne manière de préparer sa retraite.
Certains préféreront continuer à travailler afin de maximiser leur pension. D’autres accepteront une baisse de revenus pour disposer plus tôt de leur temps.
Dans le cas de cette ancienne infirmière, le calcul est clair : les 500 euros supplémentaires qu’elle aurait éventuellement pu percevoir ne valent pas, à ses yeux, cinq années supplémentaires passées au travail.
À 65 ans aujourd’hui, elle profite donc d’une retraite plus modeste que celle qu’elle aurait pu obtenir, mais aussi de plusieurs années de liberté supplémentaires.
Et pour elle, ce choix semble finalement avoir beaucoup plus de valeur qu’une pension plus élevée.