Pour de nombreux retraités, le logement représente la dépense la plus lourde du mois. Loyer, charges, énergie, entretien… avec une petite pension, le budget peut rapidement devenir difficile à équilibrer. Alain, 69 ans, a choisi une solution radicalement différente : faire de son camping-car sa résidence principale.
Ancien routier, il vit sur les routes depuis près de vingt ans. Une façon pour lui de conserver sa liberté, mais aussi de réduire considérablement ses dépenses. Selon son expérience, une retraite d’environ 1 000 euros par mois peut suffire pour vivre dans un véhicule aménagé, à condition d’adopter un mode de vie relativement simple.
Une retraite qu’il ne voulait surtout pas passer entre quatre murs
Pour Alain, prendre sa retraite ne signifiait pas forcément ralentir. Après plus de quarante ans passés derrière le volant d’un poids lourd, rester toute la journée dans un appartement lui semblait difficilement envisageable.
Pendant sa carrière, la route faisait partie de son quotidien. Il parcourait régulièrement la France et plusieurs pays européens, passant parfois presque toute la semaine loin de chez lui.
Lorsqu’est arrivé le moment de quitter définitivement son métier, Alain a rapidement compris que cette vie de mouvement allait lui manquer. Plutôt que de rester installé dans un logement traditionnel, il a donc choisi de transformer son camping-car en véritable maison.
Un choix qui devait au départ accompagner sa retraite et qui est finalement devenu un mode de vie durable.
Son camping-car est devenu sa maison depuis 19 ans
Depuis maintenant dix-neuf ans, Alain vit pratiquement toute l’année dans son véhicule aménagé.
Il se déplace selon ses envies, s’arrête dans différentes régions et organise ses journées sans véritable contrainte géographique.
Contrairement à l’image parfois solitaire associée à la vie en camping-car, le retraité affirme multiplier les rencontres. Sur les aires de stationnement, dans les villages ou pendant ses activités, il échange régulièrement avec d’autres voyageurs et habitants.
Certaines rencontres se transforment même en amitiés durables.
Son quotidien est également bien rempli. Alain aime notamment assister à des rallyes automobiles, jouer aux boules, aller danser ou encore profiter ponctuellement d’un restaurant.
Autrement dit, il ne considère pas son camping-car comme une solution de secours, mais bien comme un moyen de profiter pleinement de sa retraite.
« On peut vivre avec 1 000 euros de retraite »
L’un des principaux avantages de cette vie itinérante reste évidemment financier.
Alain dispose personnellement d’une retraite d’environ 2 000 euros par mois. Mais selon lui, il serait tout à fait possible de vivre en camping-car avec beaucoup moins.
La raison est simple : il n’a aucun loyer à payer.
Dans un logement classique, plusieurs centaines d’euros peuvent partir chaque mois uniquement pour se loger. À cela viennent souvent s’ajouter les charges de copropriété, le chauffage, l’électricité ou encore certaines dépenses d’entretien.
Dans un camping-car, ces frais prennent une autre forme.
Il faut évidemment payer le carburant, l’assurance, l’entretien du véhicule, le gaz ou encore certaines nuits sur des emplacements payants. Mais Alain privilégie généralement les lieux gratuits lorsqu’il se déplace.
En limitant ces dépenses, il estime donc qu’une personne disposant d’une retraite de 1 000 euros pourrait réussir à vivre correctement.
Pas de loyer, mais des dépenses qu’il ne faut pas oublier
Vivre dans un camping-car ne signifie cependant pas vivre gratuitement.
Le véhicule constitue à la fois le logement et le moyen de transport. Une panne importante peut donc rapidement devenir problématique.
Alain en est parfaitement conscient. Il conserve ainsi plusieurs milliers d’euros de côté afin de pouvoir faire face à une éventuelle réparation.
Car certaines interventions sur un camping-car peuvent coûter cher : moteur, embrayage, pneus, batterie, système électrique ou équipements de la cellule peuvent représenter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros.
À cela s’ajoutent d’autres dépenses régulières :
- l’assurance du véhicule ;
- le carburant ;
- les contrôles et réparations ;
- le gaz et l’électricité ;
- l’eau ;
- les frais de stationnement éventuels ;
- l’entretien des équipements du camping-car.
Le budget peut donc varier énormément selon la distance parcourue et les habitudes de chacun.
Une personne restant plusieurs semaines au même endroit dépensera logiquement beaucoup moins en carburant qu’un voyageur changeant de région tous les deux jours.
Un mode de vie qui demande aussi quelques concessions
La vie en camping-car peut faire rêver, mais elle impose également certaines contraintes.
L’espace disponible est limité. Il faut apprendre à vivre avec peu d’affaires, organiser chaque rangement et surveiller régulièrement les réserves d’eau ou d’énergie.
La météo joue également un rôle important. Les fortes chaleurs estivales ou les nuits très froides peuvent devenir inconfortables dans certains véhicules.
Il faut aussi trouver régulièrement des endroits autorisés pour stationner et respecter les règles locales. Certaines communes limitent en effet le stationnement des camping-cars ou interdisent certaines pratiques en dehors des aires aménagées.
Enfin, la question de l’adresse administrative, du courrier ou de l’accès à certains services doit être anticipée lorsqu’on décide de vivre toute l’année sur les routes.
Son Fiat Ducato est devenu une véritable maison sur roues
Au fil des années, Alain a complètement personnalisé son véhicule.
Son camping-car, basé sur un Fiat Ducato, est notamment décoré autour de l’univers de Tintin. Une idée proposée par sa fille, qui trouvait que les voyages permanents de son père rappelaient ceux du célèbre personnage de bande dessinée.
Le véhicule est ainsi devenu facilement reconnaissable lorsqu’il s’installe quelque part.
Mais au-delà de la décoration, ce camping-car représente surtout pour lui beaucoup plus qu’un moyen de transport : il symbolise son indépendance.
Il voyage aujourd’hui accompagné de sa chienne, qui partage une grande partie de ses déplacements.
Une liberté qu’il n’est pas prêt à abandonner
Après presque deux décennies de vie nomade, Alain n’envisage pas vraiment de revenir dans un appartement.
Même une nouvelle relation amoureuse ne suffirait probablement pas à lui faire abandonner totalement cette façon de vivre.
Son expérience montre surtout qu’il existe différentes manières d’envisager la retraite.
Pour certains, le confort passe par une maison et un quotidien stable. Pour d’autres, il réside au contraire dans la possibilité de se réveiller presque chaque matin dans un endroit différent.
Et sur le plan financier, l’idée mérite également réflexion : supprimer le coût d’un loyer peut effectivement transformer complètement le budget d’un retraité.
La vie en camping-car n’est certainement pas adaptée à tout le monde. Mais pour ceux qui aiment voyager, disposent d’un véhicule fiable et acceptent de vivre avec moins d’espace, elle peut offrir une alternative permettant de conjuguer économies et liberté.
Pour Alain, en tout cas, le choix semble définitivement fait : sa retraite se vit sur la route.