Il achète une climatisation pour la chambre d’hôpital de sa mère de 83 ans, la direction refuse : « Ce serait inéquitable »

En pleine canicule, les hôpitaux sont confrontés à des températures parfois difficiles à supporter, y compris pour les patients les plus fragiles. À l’hôpital Louis-Mourier de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, un homme pensait avoir trouvé une solution simple pour soulager sa mère de 83 ans, hospitalisée depuis plusieurs mois. Mais son initiative s’est heurtée au refus catégorique de l’établissement.

Une chambre à plus de 35 °C en pleine vague de chaleur

Hospitalisée depuis six mois dans le service de gériatrie, cette octogénaire partage une chambre où la température dépasse régulièrement les 35 °C lors des épisodes de canicule.

Déjà marquée par une précédente vague de chaleur survenue au printemps, son fils, Cédric, avait décidé d’anticiper. Il a acheté un climatiseur mobile afin d’améliorer le confort de sa mère et de limiter les risques liés aux fortes températures.

Mais lorsqu’il a demandé l’autorisation de l’installer dans la chambre, la réponse de l’hôpital a été immédiate : impossible de brancher l’appareil.

L’hôpital invoque l’équité entre les patients

Selon le fils de la patiente, le premier refus est venu du chef de service, sans véritable explication. En reprenant contact avec l’établissement, il apprend qu’autoriser un climatiseur personnel créerait une situation jugée « inéquitable » vis-à-vis des autres patients hospitalisés.

Une justification que la famille a du mal à accepter, estimant que la santé et le bien-être des personnes âgées devraient primer dans un contexte de chaleur extrême.

Des risques électriques également avancés

Au-delà de la question de l’égalité entre les patients, l’hôpital met également en avant un argument technique.

Les installations électriques ne seraient pas conçues pour supporter ce type d’équipement individuel. L’utilisation d’un climatiseur mobile pourrait provoquer une surcharge du réseau, entraînant une disjonction susceptible d’affecter certains équipements médicaux essentiels.

Dans un établissement hospitalier, une coupure électrique ne se limite pas à l’éclairage. Elle peut également avoir des conséquences sur des appareils de surveillance, des pompes à perfusion ou d’autres dispositifs indispensables aux soins.

Des règles strictes pour les appareils électriques

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) rappelle que tout appareil électrique utilisé dans un hôpital doit répondre à des normes de sécurité très précises.

Avant toute installation, les équipements doivent être contrôlés par les services techniques et respecter des procédures d’homologation. Les appareils personnels, même neufs, ne peuvent donc pas être branchés librement dans les chambres des patients.

Ces règles visent notamment à prévenir les risques de départ de feu ou de défaillance électrique pouvant mettre en danger les malades et le personnel soignant.

Des plans d’urgence activés face à la canicule

Face à l’intensification des épisodes de chaleur, les autorités sanitaires ont renforcé les dispositifs d’urgence dans les établissements de santé.

Le plan Orsan a été relevé afin de mobiliser davantage de personnels et d’améliorer la prise en charge des patients les plus vulnérables. Les plans blanc pour les hôpitaux et bleu pour les Ehpad ont également été déclenchés pour adapter l’organisation des soins.

Dans de nombreux établissements, les équipes privilégient des solutions collectives, comme l’installation de salles rafraîchies, le déplacement des patients vers des espaces plus frais ou l’utilisation de dispositifs de ventilation conformes aux normes hospitalières.

Une situation qui relance le débat

Cette affaire illustre le dilemme auquel sont confrontés de nombreux hôpitaux lors des épisodes de canicule.

D’un côté, les familles souhaitent offrir les meilleures conditions possibles à leurs proches âgés ou fragiles. De l’autre, les établissements doivent respecter des règles strictes en matière de sécurité électrique et garantir une égalité de traitement entre tous les patients.

Avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, ce type de situation pourrait se reproduire. Elle relance une question devenue incontournable : les infrastructures hospitalières sont-elles suffisamment adaptées pour protéger les patients les plus vulnérables face aux canicules qui se multiplient ?

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