Le Bac et le Brevet 2026 ne seront pas tout à fait comme les autres. Cette année, les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe pourraient coûter beaucoup plus cher aux candidats. Une nouvelle consigne du ministère de l’Éducation nationale inquiète déjà de nombreux enseignants, parents et lycéens.
Depuis plusieurs années, le niveau en français écrit suscite l’inquiétude. Dictées remplies d’erreurs, accords oubliés, phrases mal construites : les difficultés ne concernent plus seulement quelques élèves, mais une grande partie des classes. Face à cette baisse jugée préoccupante, le gouvernement a décidé de durcir les règles de correction des examens dès la session 2026.
Une chute du niveau qui alarme depuis des années
Le constat n’est pas nouveau, mais il devient difficile à ignorer. Une étude publiée par le ministère de l’Éducation nationale en 2022 montre une baisse continue du niveau en orthographe depuis la fin des années 1980.
Pour mesurer cette évolution, les chercheurs ont utilisé exactement la même dictée de 67 mots auprès d’élèves de CM2 à différentes périodes : 1987, 2007, 2015 puis 2021. Le résultat est frappant. En 1987, les élèves faisaient en moyenne 10,7 fautes. En 2021, ce chiffre est monté à 19,4 fautes, soit presque le double.
Les principales difficultés concernent surtout :
- les accords sujet-verbe ;
- les accords dans le groupe nominal ;
- le participe passé ;
- la construction des phrases ;
- la ponctuation et la syntaxe.
Cette baisse touche tous les profils d’élèves, quel que soit leur âge ou leur milieu scolaire.
Bac 2026 : ce qui va réellement changer
Dans une circulaire diffusée le 26 mars, le ministère a demandé une correction plus exigeante des copies du Brevet et du Baccalauréat.
Désormais, les correcteurs devront accorder davantage d’importance :
- à l’orthographe ;
- à la grammaire ;
- à la syntaxe ;
- à la clarté du raisonnement ;
- à la lisibilité de la copie.
Et surtout, cette consigne ne concerne pas uniquement les matières littéraires. Même dans des disciplines comme l’histoire, la philosophie, les sciences économiques ou certaines spécialités, la qualité de l’expression écrite pourra influencer davantage la note finale.
Pour beaucoup d’élèves, cette annonce provoque déjà du stress. Certains craignent qu’une accumulation de fautes fasse perdre des points précieux, voire mette en danger l’obtention du diplôme.
Une mesure qui divise fortement
Cette réforme ne fait cependant pas l’unanimité dans le monde de l’éducation.
Du côté des syndicats enseignants, certains dénoncent une mesure trop sévère. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que cette nouvelle exigence pourrait renforcer les inégalités entre les élèves. Selon elle, l’école française fait face à des problèmes bien plus urgents que ce durcissement des critères de correction.
D’autres enseignants défendent au contraire cette décision. Pour eux, le niveau n’a pas baissé parce que les élèves seraient moins capables, mais parce que les exigences ont progressivement diminué.
Le professeur de lettres Harold Cobert résume cette idée avec une phrase qui fait beaucoup réagir : selon lui, les jeunes ne sont pas moins intelligents qu’avant, mais ils progressent davantage lorsqu’on leur fixe des objectifs plus élevés.
Pourquoi cette réforme inquiète autant les lycéens
Si cette annonce provoque autant de réactions, c’est aussi parce que beaucoup d’élèves ont aujourd’hui perdu certaines habitudes d’écriture. Les réseaux sociaux, les messages rapides et les correcteurs automatiques ont profondément changé la manière d’écrire au quotidien.
De nombreux lycéens reconnaissent eux-mêmes avoir des difficultés :
- à conjuguer certains temps ;
- à accorder correctement les participes passés ;
- à rédiger des phrases longues sans erreur ;
- ou simplement à relire efficacement une copie.
Dans ce contexte, voir l’orthographe devenir un critère plus important au Bac ajoute une pression supplémentaire à quelques semaines des examens.
Une réforme qui pourrait transformer les méthodes de travail
Cette nouvelle consigne pourrait aussi modifier la manière dont les élèves préparent leurs examens. Jusqu’ici, beaucoup se concentraient surtout sur les connaissances et les notions à apprendre. Désormais, la qualité de rédaction pourrait devenir un véritable levier pour gagner — ou perdre — des points.
Certains professeurs commencent déjà à conseiller à leurs élèves :
- de relire systématiquement leurs copies ;
- d’éviter les phrases trop longues ;
- de travailler les règles d’accord les plus fréquentes ;
- et de soigner davantage la présentation et la clarté des idées.
Car en 2026, savoir répondre juste ne suffira peut-être plus : il faudra aussi savoir bien écrire.