L’inquiétude grandit autour du navire de croisière MV Hondius. Depuis plusieurs jours, ce bateau d’expédition, actuellement en route vers Tenerife, est placé sous haute surveillance sanitaire après l’apparition de plusieurs cas d’hantavirus à bord. Parmi les passagers, une Française raconte une atmosphère de plus en plus pesante, entre peur de la contamination et manque de visibilité sur la suite des événements.
Une croisière qui vire au cauchemar
Au départ, le voyage devait être une aventure exceptionnelle. Parti d’Ushuaïa le 1er avril, le MV Hondius devait rejoindre le Cap-Vert après une longue traversée de l’Atlantique. Mais tout a basculé lorsque plusieurs passagers ont commencé à présenter des symptômes inquiétants.
Selon les informations communiquées par le croisiériste, trois cas confirmés d’hantavirus et cinq cas suspects auraient été recensés à bord. Plusieurs évacuations sanitaires ont déjà été organisées vers les Pays-Bas et d’autres pays européens afin d’assurer une prise en charge médicale rapide.
Aujourd’hui encore, malgré l’absence de nouveaux cas symptomatiques signalés, la tension reste très forte parmi les voyageurs.
“Ça commence à peser”
Parmi les cinq Français présents sur le navire, Françoise confie vivre cette situation avec une inquiétude grandissante. Interrogée par BFMTV, elle décrit une ambiance lourde et anxiogène.
“Les gens ne paniquent pas, mais on sent bien que ça commence à peser surtout qu’on ne sait pas là où on va aller”, explique-t-elle.
Depuis la découverte du premier cas confirmé, le capitaine Jan Dobrogowsld aurait réuni plusieurs fois les passagers pour tenter de les rassurer. Pourtant, pour certains voyageurs, les mesures sanitaires mises en place restent insuffisantes.
Françoise affirme notamment que les repas continuent d’être pris en commun dans le restaurant du bateau, avec seulement une distanciation installée récemment. “Nous mangeons assis en quinconce”, précise-t-elle, tout en regrettant que certaines personnes continuent de se comporter “comme si de rien était”.
Elle raconte même qu’un grand barbecue aurait été organisé sur le navire malgré le contexte sanitaire.
Un virus encore entouré d’incertitudes
L’hantavirus reste relativement méconnu du grand public. Ce virus, transmis principalement par des rongeurs infectés, peut provoquer des formes graves touchant les poumons ou les reins selon les souches concernées.
Dans certains cas rares, une transmission entre humains a déjà été observée, ce qui explique la prudence actuelle des autorités sanitaires internationales.
Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux par le documentariste turc Ruhi Çenet, ancien passager du navire, le capitaine du MV Hondius déclarait pourtant : “D’après ce que m’a dit le médecin, il n’y a aucun risque de contagion.”
Des propos qui n’ont pas totalement rassuré les voyageurs présents à bord.
L’OMS appelle à la vigilance sans céder à la panique
Face aux inquiétudes grandissantes, l’Organisation mondiale de la santé a tenu à calmer les esprits. Son directeur général a indiqué qu’il ne pensait pas que cette situation puisse être comparée au début de la pandémie de Covid-19.
Les autorités sanitaires européennes, notamment le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, continuent cependant de surveiller attentivement l’évolution du foyer épidémique.
Les experts rappellent que de nombreuses zones d’ombre subsistent encore autour des modes exacts de transmission observés dans cette affaire. Par précaution, plusieurs mesures sanitaires restent donc maintenues à bord du navire jusqu’à son arrivée à Tenerife.
Une arrivée attendue avec soulagement
Pour les 88 passagers et les 59 membres d’équipage, l’arrivée prochaine à Tenerife représente désormais un immense soulagement après plusieurs semaines marquées par la peur et l’incertitude.
Mais cette affaire relance aussi les questions autour de la gestion sanitaire à bord des croisières et de la capacité des autorités à réagir rapidement face à l’apparition de maladies infectieuses encore mal connues du grand public.
Alors que le monde garde encore en mémoire le traumatisme du Covid-19, le moindre foyer épidémique sur un bateau suffit aujourd’hui à réveiller les inquiétudes collectives.