De nombreux nouveaux retraités font la même découverte : entre le montant annoncé et la somme réellement disponible pour vivre, l’écart peut être important. Une pension qui paraît confortable sur le papier peut se révéler bien plus modeste une fois les prélèvements appliqués.
Avec 1 850 € mensuels, on se situe typiquement dans la classe moyenne des retraités : trop élevé pour bénéficier d’exonérations, mais insuffisant pour ignorer l’impact fiscal.
Voici, étape par étape, ce qu’il se passe réellement.
1. Avant les impôts : les prélèvements sociaux réduisent déjà la pension
Contrairement à une idée répandue, la retraite n’est pas versée “net de charges”. Elle subit plusieurs prélèvements destinés à financer la protection sociale.
Pour une pension brute de 1 850 € par mois (soit 22 200 € par an), le taux normal de contributions sociales s’applique dans la plupart des cas.
Ces prélèvements regroupent notamment :
- la CSG
- la CRDS
- la contribution solidarité autonomie (CASA)
Au total, ils représentent environ 9,1 % de la pension brute.
Résultat : la somme réellement versée sur le compte bancaire tombe autour de 1 680 € par mois.
2. Le revenu imposable n’est pas le montant perçu
Beaucoup pensent que l’impôt est calculé sur la pension nette reçue. En réalité, l’administration fiscale utilise une notion différente : le revenu net imposable.
Une partie de la CSG étant déductible, le fisc reconstitue un montant théorique supérieur à l’argent réellement touché.
Dans ce cas précis, le revenu imposable annuel tourne autour de 20 900 €.
L’administration applique ensuite automatiquement un abattement de 10 % sur les pensions. Ce mécanisme forfaitaire vise à représenter les dépenses courantes.
Après cette réduction, la base taxable descend aux environs de 18 800 €.
3. L’avantage fiscal réservé aux plus de 65 ans
Les retraités âgés de plus de 65 ans peuvent bénéficier d’un abattement supplémentaire, souvent méconnu.
Son montant dépend du niveau de revenus. Pour une pension de ce niveau, il s’agit d’un abattement partiel d’environ 1 400 €.
La base réellement soumise à l’impôt tombe alors à environ 17 400 €.
4. Le calcul final de l’impôt
Une fois cette base déterminée, on applique le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
La première tranche reste non imposable jusqu’à un certain seuil. Au-delà, la fraction excédentaire est taxée au taux de 11 %.
Dans cette configuration, l’impôt annuel se situe autour de 600 à 650 €.
Pour éviter un paiement en une seule fois, l’administration prélève directement l’impôt chaque mois sur la pension. Cela représente environ 50 à 55 € mensuels.
5. Ce qu’il reste réellement chaque mois
Entre la pension brute annoncée et la somme disponible pour les dépenses courantes, la différence est notable.
Situation mensuelle approximative :
- Pension brute : 1 850 €
- Prélèvements sociaux : – environ 170 €
- Impôt sur le revenu : – environ 50 €
- Revenu réellement disponible : environ 1 630 €
Autrement dit, près de 220 € disparaissent chaque mois avant même d’avoir été dépensés.
6. Comment réduire, voire annuler l’impôt
Ce niveau d’imposition n’est pas définitif. Plusieurs dispositifs permettent d’alléger la facture fiscale.
Par exemple :
- l’emploi d’une aide à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 %
- certaines situations familiales donnent droit à une demi-part supplémentaire
- des dépenses spécifiques peuvent également être déductibles ou créditées
Dans certains cas, ces avantages peuvent faire disparaître totalement l’impôt.
En résumé
Une pension de 1 850 € par mois place un retraité dans une zone intermédiaire : ni pauvre, ni réellement à l’abri des prélèvements. Entre charges sociales et impôt sur le revenu, le budget disponible peut diminuer de façon significative.
Comprendre ces mécanismes permet d’éviter les mauvaises surprises… et surtout d’optimiser sa situation grâce aux dispositifs existants.