Stationnement à l’hôpital : la fin des parkings hors de prix est-elle enfin en vue ?

Factures de parking à deux chiffres, familles épuisées après des nuits entières passées à l’hôpital, sentiment d’injustice face à des coûts jugés excessifs… Le stationnement payant dans les hôpitaux publics est depuis longtemps un sujet de colère pour de nombreux Français.
Un premier tournant législatif vient pourtant d’être franchi : le 29 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à encadrer, et à terme alléger fortement, le coût des parkings hospitaliers.

Mais cette avancée marque-t-elle réellement la fin du stationnement payant à l’hôpital ? Décryptage d’un texte très attendu, encore loin de résoudre toutes les situations.


Une loi pour alléger une dépense devenue insupportable

Jeudi 29 janvier 2026, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi portée par Stéphane Hablot, député socialiste de Meurthe-et-Moselle. Déposé à l’automne 2025, le texte vise à poser un cadre national pour limiter le coût du stationnement dans les hôpitaux publics.

L’objectif affiché est clair : empêcher que le parking ne devienne un frein à l’accès aux soins, en particulier pour les patients hospitalisés sur de longues durées et leurs proches. Une situation jugée d’autant plus injuste que les hôpitaux sont financés par l’impôt.


Ce que prévoit concrètement la nouvelle loi

La proposition de loi introduit une gratuité ciblée, assortie de plafonds tarifaires stricts. Dans le détail :

  • Patients hospitalisés : stationnement entièrement gratuit pendant toute la durée de l’hospitalisation.
  • Visiteurs : deux heures de stationnement gratuit par jour, puis application de tarifs plafonnés.
  • Personnel hospitalier : gratuité du stationnement pendant le temps de travail, avec des abonnements limités à 100 € par mois.

Pour les autres usagers, les tarifs journaliers ne pourront pas dépasser 15 €, afin d’éviter les factures qui s’envolent lors des séjours prolongés.

Les établissements disposeront d’un délai de deux ans pour se mettre en conformité, notamment lorsque les parkings sont gérés par des opérateurs privés dans le cadre de délégations de service public.


Un principe de gratuité… mais sous conditions

Pour ses défenseurs, ce texte marque un changement de philosophie. Le Parti socialiste affirme vouloir « poser le principe de gratuité du stationnement des parkings des hôpitaux publics pour les patients », afin que le coût du parking ne transforme plus une situation médicale en charge financière supplémentaire.

Le gouvernement avait d’ailleurs affiché son soutien à une régulation du système. Le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, évoquait la nécessité de « remettre de l’humanité dans les politiques publiques », notamment pour les familles confrontées à l’hospitalisation d’un proche.


Des inquiétudes persistantes du côté des hôpitaux

Sur le terrain, les établissements hospitaliers restent prudents, voire inquiets. Certains directeurs redoutent un effet pervers : la multiplication des véhicules « ventouses » qui occuperaient durablement les places gratuites au détriment des patients et des soignants.

Au CHU de Toulouse, des responsables ont ainsi alerté sur le risque d’un afflux massif de voitures si la gratuité n’est pas finement encadrée. D’autres soulignent la complexité des contrats existants avec des gestionnaires privés, dont la renégociation pourrait s’avérer coûteuse et longue.


Un texte encore loin d’être définitif

Si le vote de l’Assemblée nationale constitue une étape importante, la loi n’est pas encore définitivement adoptée. Elle doit désormais passer devant le Sénat, puis revenir éventuellement à l’Assemblée dans le cadre de la navette parlementaire.

Des décrets d’application seront également nécessaires pour préciser les modalités concrètes : contrôle des durées gratuites, identification des ayants droit, compensation financière pour les hôpitaux concernés.


Vers la fin du stationnement payant à l’hôpital ?

La gratuité totale et immédiate n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais pour des milliers de patients, de familles et de soignants, cette loi représente un premier pas symbolique et financier vers un système jugé plus juste.

Reste à voir si cette promesse législative se traduira rapidement sur les tickets de parking… et si elle tiendra face aux contraintes économiques des hôpitaux publics.


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