La veille du versement de la CAF, Sarah ouvre son frigo et retient son souffle. Un reste de pâtes, un yaourt, presque rien d’autre. À 32 ans, cette mère célibataire élève seule ses deux enfants de 4 et 7 ans avec un temps partiel payé 950 euros net par mois. Son récit, simple et brutal, révèle une réalité vécue par de nombreuses familles en France : sans les aides, certains foyers basculent dans l’urgence alimentaire.
Sarah n’essaie pas de choquer. Elle décrit juste ce qu’elle vit. Elle le dit d’une phrase qui résume tout : “Sans la CAF, mes enfants ne mangeraient pas à leur faim.” Derrière ces mots, il y a la peur constante de manquer, la fatigue mentale, et la nécessité de compter chaque euro. Quand le loyer tombe, il ne reste presque rien.
Le calcul est rapide. Avec 950 euros de salaire et un loyer à 600 euros, Sarah se retrouve avec environ 350 euros pour tout le reste : courses, électricité, cantine, transports, vêtements, produits d’hygiène et imprévus. Dans son cas, aucune pension alimentaire ne vient compléter ce budget. La charge repose entièrement sur elle.
C’est là que les prestations de la CAF deviennent un filet de sécurité vital. Sarah touche plusieurs aides qui lui permettent de tenir debout : l’aide au logement pour alléger le poids du loyer, l’allocation de soutien familial puisque la pension n’est pas versée, et les allocations familiales à partir du deuxième enfant. Pour elle, ces aides ne sont pas un confort ni un bonus. Elles servent à payer l’essentiel : une partie du loyer, les factures, la cantine et surtout l’alimentation.
Mais la réalité ne se limite pas aux chiffres. Sarah raconte aussi le poids de la honte. Le regard des autres, la peur d’être jugée, la culpabilité de “ne pas y arriver”. Beaucoup de parents isolés ne demandent même pas toutes les aides auxquelles ils pourraient avoir droit, par découragement ou par crainte de faire une erreur. Ce phénomène, appelé non-recours, laisse certaines familles encore plus fragiles qu’elles ne le devraient.
Et quand les aides ne suffisent plus, beaucoup n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers des associations : banques alimentaires, Secours Populaire, aides locales via le CCAS. Ces structures deviennent un dernier rempart quand le frigo est vide et que la fin de mois ressemble à une épreuve.
L’histoire de Sarah rappelle une vérité essentielle : pour une partie des mères célibataires, les aides sociales ne financent pas un “plus”. Elles évitent juste le pire. Et parfois, elles font la différence entre un repas complet… et un enfant qui se couche avec la faim.