Quand on parle d’expatriation en France, on imagine souvent un scénario parfait : les marchés provençaux, la baguette chaude du matin, les cafés en terrasse, les ruelles pleines de charme… Bref, le “French dream” dans toute sa splendeur.
C’est exactement ce qu’a voulu vivre Gemma Bonham-Carter, une Canadienne de 40 ans, avec son mari et leurs enfants. Après Ottawa, ils ont quitté leur quotidien pour passer une année entière à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, en inscrivant leurs enfants à l’école française.
Une expérience riche, intense… mais qui leur a aussi fait réaliser une chose surprenante : le retour au Canada a été un vrai soulagement.
Pourquoi cette famille a décidé de tout quitter
L’idée n’est pas arrivée par hasard. Gemma et son mari n’en étaient pas à leur première aventure : ils avaient déjà vécu à l’étranger, notamment en Angleterre et en Nouvelle-Zélande. Leur objectif était clair : offrir à leurs enfants une ouverture d’esprit, un goût du changement, et une vraie expérience culturelle.
Après la pandémie, cette envie s’est transformée en urgence intérieure. Un soir d’été, au bord d’un lac en Ontario, Gemma a eu cette pensée simple mais puissante :
“Si ce n’est pas maintenant… alors quand ?”
Un an plus tard, la décision était prise.
Une vie “à la française”… qui fait rêver
Aix-en-Provence s’est imposée comme un décor idéal : une ville ensoleillée, agréable, culturelle, rassurante pour une famille.
Sur place, tout semblait sortir d’un film :
- les trajets à pied pour emmener les enfants à l’école
- le pain frais tous les matins
- les promenades longues et tranquilles l’après-midi
- les cloches de la cathédrale comme bande-son du quotidien
- et même ces fameux mercredis sans école, devenus leurs journées favorites
En apparence, c’était exactement ce qu’ils étaient venus chercher : une autre manière de vivre, plus lente, plus douce, plus humaine.
Mais alors… pourquoi le retour a-t-il été un soulagement ?
C’est souvent la partie qu’on raconte moins sur les réseaux sociaux : l’expatriation est magnifique, mais elle fatigue.
Vivre ailleurs, ce n’est pas seulement découvrir un nouveau pays. C’est aussi :
- s’adapter à un système différent
- gérer les démarches administratives
- comprendre le fonctionnement scolaire
- construire de nouveaux repères
- et vivre en permanence avec un léger sentiment d’effort
Même quand on adore le pays, même quand tout se passe “bien”, il reste cette petite tension invisible : celle de ne pas être totalement chez soi.
En août 2024, quand la famille rentre au Canada, Gemma se surprend à ressentir un vrai apaisement. Pas de regret amer. Juste un sentiment clair : retourner dans ses repères fait du bien.
Ce que cette parenthèse a changé pour eux
Cette année en France n’a pas été une simple escapade. Elle a laissé des traces profondes.
Pour Gemma, très investie dans sa carrière, l’expérience a déclenché une prise de conscience : travailler oui, réussir oui… mais pas au prix de passer à côté de sa famille. Elle décide donc de rééquilibrer ses priorités.
Pour les enfants, ce voyage a offert bien plus que des souvenirs :
- de nouveaux amis
- des correspondants
- une autre langue
- et une ouverture au monde qui restera
Finalement, ce séjour a rempli sa mission : ce n’était pas une fuite, ni une pause vide. C’était une expérience de vie.
Et si le “French dream” n’était pas fait pour durer ?
Ce témoignage nous rappelle une vérité simple : un rêve de voyage n’a pas forcément besoin de devenir une vie permanente pour être réussi.
Parfois, vivre ailleurs pendant un an est exactement ce qu’il faut pour :
- respirer autrement
- voir la vie sous un autre angle
- apprendre en famille
- et revenir plus fort, plus clair, plus aligné
Ce n’est pas un échec de rentrer. C’est même parfois le signe que l’aventure a été pleinement vécue.