À 78 ans, Anne pensait pouvoir vivre une retraite paisible. Pourtant, avec une pension mensuelle d’environ 1 585 euros et des dépenses qui ne cessent d’augmenter, son quotidien est devenu un véritable exercice d’équilibriste. Certains mois, une fois toutes ses factures réglées, il ne lui reste qu’une soixantaine d’euros pour se nourrir.
Pour de nombreux retraités, la fin de la vie professionnelle ne signifie pas forcément la fin des inquiétudes financières. Entre le logement, l’alimentation, les factures et les dépenses imprévues, un budget qui semblait autrefois suffisant peut rapidement devenir très serré.
Anne en fait aujourd’hui l’amère expérience. À 78 ans, cette Américaine installée dans l’État de Washington doit surveiller chacune de ses dépenses. Sans économies importantes ni proches sur lesquels s’appuyer, elle s’inquiète désormais sérieusement de son avenir.
Une pension de 1 585 euros qui ne suffit plus à couvrir toutes ses dépenses
Chaque mois, Anne dispose d’environ 1 585 euros de pension de retraite. Une somme qui pourrait sembler correcte au premier abord, mais qui fond rapidement une fois les principales charges réglées.
Son loyer représente à lui seul environ 880 euros par mois. Elle doit ensuite payer ses factures courantes, son téléphone, certaines dépenses liées à sa carte de crédit, l’essence nécessaire pour son véhicule ainsi que la nourriture de sa chienne, Lizzy Rocket, qui partage son quotidien.
À la fin du mois, la marge de manœuvre est donc extrêmement réduite.
Lors des mois les plus favorables, Anne explique qu’il peut ne lui rester qu’environ 60 euros pour faire ses courses alimentaires.
Dans ces conditions, impossible de remplir son panier sans réfléchir. Chaque achat compte et les produits les moins chers deviennent une priorité.
Courses en promotion et repas simples : Anne doit compter chaque dépense
Pour respecter son budget, la retraitée adapte complètement sa façon de consommer.
Elle privilégie notamment les conserves, les légumes surgelés, le poisson congelé et les produits en promotion. Lorsqu’elle peut mettre quelques aliments de côté, elle essaie également de constituer une petite réserve pour les périodes où les dépenses sont plus élevées.
Les achats non essentiels ont quasiment disparu de son quotidien.
Anne évite aussi de se rendre dans les magasins lorsqu’elle sait que son budget est presque épuisé. Plutôt que de risquer une dépense supplémentaire, elle préfère utiliser ce qu’il reste dans ses placards et son congélateur.
Une organisation devenue indispensable pour terminer le mois sans découvert.
Elle n’a presque aucune épargne pour faire face aux imprévus
La situation d’Anne s’explique également par son parcours de vie.
Mariée à deux reprises, notamment à un sportif professionnel puis à un homme politique, elle avait pendant longtemps bénéficié d’un niveau de vie confortable. Ses conjoints prenaient en charge une grande partie des dépenses du foyer.
Anne a bien exercé quelques activités professionnelles, notamment dans le mannequinat ainsi que brièvement dans l’industrie pharmaceutique, mais elle n’a jamais construit une carrière lui permettant de constituer une importante épargne personnelle pour sa retraite.
Depuis qu’elle vit seule, sa situation financière s’est donc considérablement dégradée.
Aujourd’hui, elle ne dispose pratiquement d’aucun matelas de sécurité en cas de problème important.
Une réparation automobile, une facture médicale ou une hausse de loyer pourraient suffire à déséquilibrer complètement son budget.
Une nouvelle menace plane désormais sur son logement
Comme si ses difficultés financières ne suffisaient pas, Anne doit désormais faire face à une nouvelle source d’inquiétude.
L’appartement dans lequel elle vit a récemment changé de propriétaire. Celui-ci pourrait décider de récupérer le logement pour y installer un membre de sa famille.
Pour Anne, devoir déménager serait particulièrement problématique.
Son loyer actuel, bien que déjà lourd à supporter, resterait inférieur aux tarifs pratiqués dans certains logements disponibles dans sa région. Selon elle, certains loyers peuvent atteindre environ 1 500 euros par mois, soit presque l’intégralité de sa pension.
Retrouver un appartement abordable pourrait donc devenir extrêmement compliqué.
« Que vais-je devenir ? » : la retraitée redoute désormais l’avenir
À 78 ans, Anne ne cache plus son inquiétude.
Sans économies importantes, avec peu de soutien familial et un budget déjà très limité, elle se demande comment elle pourrait faire face à une nouvelle difficulté.
Ses problèmes financiers ont également eu des conséquences sur sa vie sociale. Avec le temps, certaines relations se sont distendues puisqu’elle ne pouvait plus suivre ses amis lors des sorties au restaurant ou des week-ends.
Sa chienne reste aujourd’hui l’une de ses principales sources de compagnie.
Anne pourrait éventuellement demander certaines aides publiques auxquelles elle pourrait être éligible. Pour le moment, elle préfère néanmoins continuer à se débrouiller seule tant qu’elle parvient encore à couvrir ses besoins essentiels.
Mais son équilibre reste fragile.
Son témoignage illustre une réalité qui concerne de nombreuses personnes âgées : disposer d’une pension chaque mois ne protège pas nécessairement contre la précarité, surtout lorsque le logement absorbe une grande partie des revenus.
Avec seulement quelques dizaines d’euros disponibles une fois toutes les dépenses payées, le moindre imprévu peut devenir une véritable source d’angoisse.