Avec une pension totale de 1 864 euros par mois, Jane pensait pouvoir profiter d’une retraite relativement confortable. Mais une fois ses charges payées, cette Britannique de 69 ans ne dispose plus que d’une centaine d’euros pour terminer le mois. Une situation qui l’oblige à surveiller ses courses et même à limiter les cadeaux destinés à ses petits-enfants.
Sur le papier, percevoir près de 1 900 euros de retraite chaque mois peut sembler suffisant pour vivre correctement. Pourtant, la réalité est bien différente pour Jane. À 69 ans, cette retraitée britannique explique devoir calculer quasiment chacune de ses dépenses.
Son budget est devenu si serré qu’elle cherche désormais à réduire la facture de ses courses alimentaires et doit revoir ses habitudes de consommation. Les périodes de fêtes, qui entraînent généralement davantage de dépenses, constituent également une source d’inquiétude.
« Je dois faire des économies au supermarché. Je ne peux pas non plus offrir beaucoup de cadeaux à mes petits-enfants à Noël », explique-t-elle.
Une situation particulièrement difficile à accepter pour Jane, qui pensait pouvoir bénéficier d’une retraite plus confortable après plusieurs décennies de travail.
Trois pensions pour un total de 1 864 euros par mois
Les revenus de Jane proviennent de plusieurs sources.
Elle touche d’abord environ 1 025 euros par mois au titre de la pension d’État britannique. À cette somme s’ajoute une pension d’environ 465 euros versée par Hewlett Packard Enterprise, ainsi qu’une autre pension d’environ 373 euros provenant du NHS, le système de santé britannique.
Au total, ses pensions atteignent ainsi près de 1 864 euros par mois.
Mais le montant brut des revenus ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une fois ses principales charges réglées, Jane affirme ne conserver qu’un peu plus de 116 euros de marge pour le reste du mois.
Cette somme doit notamment lui permettre de faire face aux achats imprévus, aux dépenses personnelles et aux petits plaisirs qu’elle souhaiterait encore pouvoir s’offrir.
Une ancienne pension qui a perdu beaucoup de valeur avec les années
Une partie du problème vient de l’une de ses pensions professionnelles.
Jane avait accumulé ses droits lorsqu’elle travaillait pour Digital Equipment Corporation (DEC), entreprise ensuite reprise par HP. Certains des droits à retraite concernés avaient été acquis avant avril 1997.
Or, selon les règles applicables à certains anciens régimes privés britanniques, ces droits ne bénéficient pas nécessairement d’une revalorisation automatique suivant l’inflation.
Conséquence : au fil des années, le montant versé est resté relativement stable alors que le coût de la vie, lui, a fortement progressé.
La pension de Jane versée par Hewlett Packard s’élève aujourd’hui à environ 465 euros mensuels. Selon ses estimations, elle pourrait approcher 932 euros par mois si elle avait évolué en fonction du coût de la vie.
Un écart considérable pour une personne disposant d’un budget aussi limité.
Le coût de la vie grignote progressivement sa pension
Lorsque certaines pensions restent presque figées pendant des années, leur valeur réelle diminue mécaniquement avec l’inflation.
Une somme permettant autrefois de payer une partie importante des courses, de l’énergie ou des dépenses courantes permet aujourd’hui d’acheter beaucoup moins.
Jane le constate directement dans son quotidien.
« Le coût de la vie fait que la valeur de la pension Hewlett-Packard diminue de plus en plus avec le temps », explique la retraitée, qui décrit sa situation financière comme un véritable combat quotidien.
Elle doit notamment rechercher les produits les moins chers au supermarché et réfléchir davantage avant chaque achat non essentiel.
À Noël, même les cadeaux deviennent difficiles à financer
Au-delà des dépenses obligatoires, Jane regrette surtout de devoir limiter les attentions qu’elle souhaiterait avoir envers sa famille.
À l’approche de Noël, par exemple, elle aimerait pouvoir gâter davantage ses petits-enfants. Son budget ne lui permet toutefois pas de multiplier les cadeaux.
Une frustration qui illustre une réalité souvent moins visible : le niveau d’une pension ne suffit pas toujours à mesurer le niveau de vie réel d’un retraité.
Le logement, l’énergie, l’alimentation, les assurances ou encore les différentes factures fixes peuvent absorber une part très importante des revenus.
Dans le cas de Jane, près de 1 750 euros seraient ainsi consacrés chaque mois à ses dépenses, puisqu’il ne lui resterait qu’un peu plus de 116 euros après le paiement de ses charges.
Une retraite confortable devenue beaucoup plus difficile que prévu
Jane affirme avoir longtemps pensé qu’après sa carrière, ses différentes pensions lui permettraient de vivre sans trop se préoccuper de l’argent.
Mais l’augmentation du coût de la vie et l’absence de revalorisation d’une partie de sa pension professionnelle ont progressivement changé la situation.
Elle doit désormais faire des choix, renoncer à certaines dépenses et surveiller son compte tout au long du mois.
Son témoignage rappelle surtout qu’un revenu mensuel qui paraît correct sur le papier peut laisser très peu de marge une fois toutes les dépenses incompressibles réglées.
Et pour Jane, cette marge se résume aujourd’hui à environ 116 euros par mois, une somme avec laquelle elle doit tenter de faire face aux imprévus et conserver malgré tout quelques petits plaisirs.