Le cancer de la vulve reste une maladie relativement rare et encore peu connue du grand public. Pourtant, certains signes précoces peuvent permettre de le détecter à temps. L’histoire de Louise, une professeure de Pilates vivant à Londres, illustre à quel point l’attention portée à son corps peut parfois sauver une vie. Diagnostiquée une première fois à seulement 27 ans, puis une seconde fois quinze ans plus tard, elle partage aujourd’hui le symptôme qui l’a alertée à chaque fois.
Un premier diagnostic à seulement 27 ans
Louise n’avait que 27 ans lorsqu’elle a remarqué un détail inhabituel. À l’époque, son fils n’avait que neuf mois. En se changeant, elle a senti une petite zone rugueuse sur sa vulve.
Au début, elle n’y prête pas vraiment attention. La gêne est légère, mais suffisante pour qu’elle se sente inconfortable dans ses vêtements, notamment dans un jean. Les rapports sexuels deviennent également désagréables. Comme beaucoup de personnes face à un symptôme intime, elle espère simplement que cela disparaîtra tout seul.
Mais la tache persiste.
Après quelques semaines, Louise décide finalement de consulter. Lors de l’examen, sa médecin remarque immédiatement que la lésion n’a rien de banal. La zone apparaît noircie, ulcérée et présente des bords qui semblent brûlés. Une biopsie est réalisée rapidement.
Le diagnostic tombe peu après : une forme agressive de cancer de la vulve.
Une opération en urgence
Ce type de cancer touche généralement des femmes plus âgées. Le diagnostic chez une jeune femme de 27 ans surprend donc les médecins eux-mêmes.
L’intervention chirurgicale doit être réalisée rapidement. Les chirurgiens retirent la petite lèvre gauche de Louise afin d’éliminer la tumeur. Par précaution, les ganglions lymphatiques de l’aine sont également retirés pour vérifier si le cancer s’est propagé.
Heureusement, les analyses révèlent qu’aucune cellule cancéreuse n’est présente dans ces ganglions. Louise évite donc les traitements lourds comme la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Cependant, la convalescence reste difficile. L’ablation des ganglions entraîne des complications, notamment des fuites de liquide lymphatique et une infection au staphylocoque doré. Malgré ces épreuves, le cancer est finalement considéré comme éliminé.
Une maladie de peau qui pourrait expliquer le risque
Depuis longtemps, Louise souffre d’un trouble cutané appelé lichen scléreux. Cette affection provoque des plaques blanches, des démangeaisons et parfois des douleurs dans la zone génitale.
Aujourd’hui, les médecins savent qu’il existe un lien possible entre cette maladie et un risque accru de cancer de la vulve. C’est notamment pour cette raison que Louise bénéficie d’un suivi médical régulier.
Pendant des années, tous ses examens de contrôle sont rassurants.
Jusqu’à décembre 2022.
Un second cancer quinze ans plus tard
Lors d’une biopsie de routine, Louise reçoit un appel inattendu. À la veille de Noël, son médecin lui annonce que les résultats montrent à nouveau un cancer.
Le choc est immense.
Avant même d’avoir passé des examens complémentaires, elle se met à penser au pire. Une question lui traverse l’esprit : pourra-t-elle voir ses enfants grandir ?
Après une IRM et un scanner, les médecins confirment que la tumeur ne s’est pas propagée. Une nouvelle opération est programmée.
Cette fois, deux zones cancéreuses sont détectées, situées près du clitoris. Les chirurgiens pratiquent une excision en forme de fer à cheval autour de la zone touchée, tout en reconstruisant une partie du tissu afin de préserver au maximum les fonctions sexuelles.
Une vie qui reprend après la maladie
Après cette seconde opération, Louise se demande si elle pourra encore ressentir du plaisir sexuel. La sensibilité n’est plus exactement la même qu’avant, mais elle estime avoir conservé environ 65 % de sensations.
Pour elle, partager son histoire est essentiel.
Beaucoup de femmes redoutent les conséquences physiques et psychologiques d’une chirurgie intime. Son témoignage montre qu’une vie normale reste possible, même après ce type d’intervention.
Le symptôme numéro un à ne pas ignorer
Le signe qui a alerté Louise à deux reprises est simple, mais souvent négligé : l’apparition d’une tache ou d’une zone anormale sur la vulve.
Ce symptôme peut prendre différentes formes :
- une tache rugueuse ou épaissie
- une zone sombre ou blanchâtre
- une lésion qui ne cicatrise pas
- une irritation persistante
- une petite plaie ou ulcération
Dans certains cas, ces signes peuvent également s’accompagner de démangeaisons, de douleurs ou d’un inconfort lors des rapports sexuels.
Bien sûr, ces symptômes ne signifient pas forcément qu’il s’agit d’un cancer. De nombreuses affections bénignes peuvent provoquer des lésions similaires. Mais si une anomalie persiste plusieurs semaines, une consultation médicale reste essentielle.
Un message de prévention
Le cancer de la vulve est rare, mais son diagnostic précoce améliore fortement les chances de guérison.
Le message que Louise souhaite transmettre est simple : écouter son corps et ne pas ignorer un changement inhabituel, même s’il semble anodin ou gênant à évoquer.
Consulter rapidement peut parfois faire toute la différence.