Cyber-harcèlement insolite : condamnée pour avoir envoyé des vidéos de pets sur WhatsApp

Une querelle d’ex qui dégénère, des messages envoyés en boucle et une “blague” qui franchit la ligne rouge : au Pays de Galles, une jeune femme de 25 ans a été condamnée par la justice après avoir harcelé l’ancienne compagne de son partenaire avec des vidéos pour le moins… bruyantes. Une affaire aussi surprenante qu’instructive sur les limites de l’humour à l’ère du numérique.

Une dispute familiale qui tourne mal

Tout commence dans un contexte tendu autour des droits de visite d’enfants entre un homme et son ex-compagne. Sa nouvelle partenaire, visiblement très impliquée dans le conflit, décide d’intervenir — mais d’une manière qui va rapidement attirer l’attention des autorités.

Pendant la période des fêtes, elle envoie via WhatsApp une série de vidéos provocantes : caméra braquée sur son postérieur, bruits de flatulences assumés, sourire amusé face à l’objectif. Le ton se veut moqueur, voire humiliant. Sauf que pour la destinataire, l’expérience est loin d’être anodine.

Les envois se répètent sur plusieurs jours, créant un sentiment d’angoisse et d’insécurité chez la victime, qui finira par signaler les faits.

Quand la “blague” devient du harcèlement

Devant le tribunal, les magistrats ont estimé que ces messages constituaient une campagne de harcèlement numérique. En droit britannique, la répétition d’actes destinés à intimider, humilier ou perturber une personne peut suffire à caractériser une infraction, même si leur contenu peut sembler ridicule ou puéril.

La victime a expliqué avoir perdu son sentiment de tranquillité chez elle, preuve que l’impact psychologique ne dépend pas forcément de la gravité apparente des actes.

Cette affaire a été présentée par certains médias comme l’une des premières condamnations liées à ce type précis de cyber-provocation, parfois surnommée “cyber-farting”.

Une condamnation bien réelle

La jeune femme a reconnu les faits après son arrestation. Le tribunal a prononcé plusieurs mesures :

  • une ordonnance communautaire d’un an
  • des séances obligatoires de réhabilitation
  • une période d’abstinence alcoolique surveillée électroniquement
  • une interdiction de contact avec la victime pendant deux ans
  • une indemnisation financière et le paiement des frais de justice

Autrement dit, une plaisanterie jugée “potache” a débouché sur des conséquences judiciaires lourdes et durables.

L’alcool et l’escalade du conflit

La défense a évoqué un contexte émotionnel difficile et une consommation d’alcool au moment des faits. Selon l’avocate, sa cliente pensait simplement faire une blague et n’avait pas anticipé l’impact réel sur la destinataire.

Une justification qui n’a pas convaincu la justice : l’intention humoristique n’efface pas la répétition ni la détresse causée.

Ce que révèle cette affaire

Au-delà de son aspect insolite, cette histoire rappelle plusieurs réalités importantes :

  • Le cyber-harcèlement ne dépend pas du sérieux du message, mais de ses effets
  • Les applications de messagerie privées ne sont pas une zone de non-droit
  • La répétition et l’intention de nuisance sont déterminantes
  • Les conflits familiaux peuvent rapidement déborder en ligne

Dans un monde où chacun possède une caméra et un accès instantané aux autres, la frontière entre plaisanterie et intimidation peut être franchie sans même s’en rendre compte.

L’humour ne protège pas de la loi

Ce fait divers illustre une évolution majeure : la justice prend de plus en plus au sérieux les comportements numériques, même les plus absurdes en apparence. Une vidéo envoyée une fois peut être ignorée. Une série d’envois insistants, elle, peut être interprétée comme une pression psychologique.

La leçon est simple : derrière l’écran, les conséquences sont bien réelles.

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