Le harcèlement scolaire continue de faire des victimes, parfois de manière irréversible. Le 13 janvier 2026, Camélia, 17 ans, a mis fin à ses jours après avoir vécu une situation de harcèlement devenue insupportable. Son décès a profondément bouleversé l’opinion, notamment après la révélation de ses derniers échanges avec sa mère.
Derrière ce drame, une question revient avec force : comment une adolescente, déjà en détresse, peut-elle se sentir aussi seule… alors même que l’établissement semblait informé ?
Une adolescente en souffrance, un harcèlement qui s’installe
Selon les premiers éléments rapportés, Camélia était scolarisée dans un lycée à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne. Depuis plusieurs semaines, elle aurait subi du harcèlement de la part d’autres élèves. Une situation qui n’est malheureusement pas rare : humiliations, moqueries, accusations répétées, isolement… Le harcèlement scolaire peut progressivement détruire l’estime de soi et installer une angoisse permanente.
Dans ce contexte, la famille aurait alerté l’établissement. Sa mère avait signalé les faits et espérait que des mesures soient prises pour protéger sa fille.
Des messages bouleversants échangés avec sa mère
Ce 13 janvier, sa mère tente une dernière fois de la rassurer. Elle lui envoie un message pour lui dire de ne plus faire attention aux personnes qui la harcèlent, précisant que la direction devait s’en occuper.
Mais Camélia, elle, semble déjà à bout.
Selon les informations divulguées, la jeune fille aurait été convoquée par le proviseur avec deux élèves accusées de harcèlement. Camélia rapporte alors un climat tendu, un échange où elle se sent incomprise et accusée.
Le pire survient lorsque Camélia confie à sa mère que l’on la rend responsable de ce qu’elle subit, allant jusqu’à évoquer une sanction disciplinaire contre elle. Dans son dernier message, elle écrit à sa mère une phrase pleine d’amour, comme un adieu silencieux :
“Je t’aime… tu es la meilleure maman du monde.”
Quelques minutes plus tard, Camélia quitte son établissement. Elle se rend ensuite sur le RER B et met fin à ses jours.
Quand la victime devient “la fautive” : un mécanisme dangereux
Dans de nombreuses affaires de harcèlement scolaire, un schéma se répète : la victime n’est pas toujours reconnue comme telle. Pire, elle peut être accusée d’exagérer, de “se victimiser”, ou d’être à l’origine des tensions.
Ce renversement est extrêmement violent psychologiquement. Il peut entraîner chez l’adolescent une sensation d’injustice totale, un sentiment d’abandon, et l’idée que personne ne l’aidera.
Dans le cas de Camélia, les derniers échanges montrent surtout une détresse profonde et une perte d’espoir rapide.
Deux enquêtes ouvertes après le drame
Après son décès, deux enquêtes ont été lancées :
- une enquête judiciaire, visant à comprendre les circonstances exactes et les responsabilités éventuelles,
- une enquête administrative, pour analyser la gestion du dossier au sein de l’établissement.
La famille de Camélia aurait également déposé plainte, non seulement contre les harceleurs présumés, mais aussi contre le proviseur, accusé de ne pas avoir protégé l’adolescente malgré les alertes.
Harcèlement scolaire : pourquoi il faut agir vite
Le harcèlement scolaire n’est pas “un simple conflit entre jeunes”. C’est une violence répétée qui peut détruire mentalement un adolescent.
Ce qui rend cette forme de souffrance encore plus dangereuse, c’est qu’elle est souvent invisible aux yeux des adultes : l’enfant peut se taire, avoir honte, ou craindre de ne pas être cru.
Certains signaux doivent pourtant alerter :
- refus d’aller en cours,
- isolement soudain,
- troubles du sommeil,
- chute des résultats scolaires,
- crises d’angoisse,
- changement de comportement,
- propos pessimistes ou idées noires.
Dans ces situations, chaque jour compte.
Protéger les jeunes : une responsabilité collective
Le drame de Camélia rappelle une réalité dure : lorsque les institutions ne prennent pas au sérieux les signaux de souffrance, les conséquences peuvent être dramatiques.
Mais il rappelle aussi quelque chose d’essentiel : les jeunes ont besoin d’être crus, écoutés, et protégés rapidement.
Parents, enseignants, établissements, élèves, société : personne ne peut fermer les yeux.
Car derrière chaque histoire comme celle-ci, il y a une adolescente, une famille, un avenir… et une douleur qui ne s’efface pas.
Si vous ou un proche êtes en détresse
Si vous ressentez un mal-être profond, si vous avez des pensées suicidaires, ou si vous connaissez quelqu’un en danger, il est important de chercher de l’aide immédiatement auprès des services d’urgence ou d’un professionnel de santé. Parler peut sauver une vie.