Au lendemain du dramatique incendie survenu dans la station suisse de Crans-Montana, l’angoisse demeure pour de nombreuses familles. Le sinistre, qui a fait au moins 40 morts et plus de 115 blessés, a laissé derrière lui une multitude de proches plongés dans l’incertitude. Parmi eux, Laetitia Brodard-Sitre, la mère d’Arthur Brodard, un jeune homme toujours porté disparu depuis la nuit du drame.
Une attente devenue insupportable
Arthur fêtait le passage à la nouvelle année au bar Le Constellation lorsque l’incendie s’est déclaré, aux alentours de 1h30 du matin, dans le sous-sol de l’établissement. Depuis près de 48 heures, sa mère vit dans une attente qu’elle qualifie d’insoutenable.
« On nous demande d’attendre, mais moi je ne peux pas rester passive », confie-t-elle au micro de franceinfo. Refusant de rester immobile face au silence, Laetitia Brodard-Sitre a entrepris de multiples démarches pour tenter de retrouver son fils.
Une mère qui refuse de baisser les bras
Déplacements dans plusieurs hôpitaux, appels répétés, mobilisation sur les réseaux sociaux et dans les médias : la mère d’Arthur remue ciel et terre. Elle s’est notamment rendue dans des établissements hospitaliers du Valais, à Sion et au CHUV, sans obtenir de réponse définitive.
« Mon fils est quelque part, sans sa maman, sans ses parents. Qu’il soit vivant ou qu’il soit parti, il ne doit pas être seul », explique-t-elle, la voix chargée d’émotion. Pour elle, rester inactive est impensable. Chaque témoignage potentiel, chaque doute, peut représenter une piste.
Elle lance ainsi un appel poignant : Arthur pourrait avoir été transféré dans un autre canton, en Suisse alémanique, en France, en Italie, voire en Allemagne, comme cela a été le cas pour certains blessés graves.
Des familles toujours dans le flou
Face à l’ampleur du drame, les autorités suisses ont mis en place une cellule d’aide et une hotline destinée à centraliser les informations et faciliter l’identification des victimes. Le canton du Valais a ouvert un numéro d’urgence pour répondre aux familles, mais malgré ces dispositifs, l’attente reste longue et douloureuse.
« Nous avons conscience du côté insoutenable de l’attente », a déclaré Mathias Reynard, président du Conseil d’État valaisan et ministre de la Santé. Les procédures d’identification prennent du temps, d’autant plus que plusieurs victimes ont été évacuées vers des hôpitaux étrangers.
Une enquête toujours en cours
Selon les premiers éléments recueillis, l’incendie aurait été provoqué par des bougies-étincelles utilisées lors des festivités du Nouvel An. Une enquête est en cours pour déterminer avec précision les circonstances du drame et d’éventuelles responsabilités.
Pendant ce temps, des familles comme celle d’Arthur Brodard vivent suspendues à un appel, un signe, une information. Le combat de sa mère illustre la détresse, mais aussi la détermination de ces proches qui refusent de laisser le silence gagner.
Dans l’ombre des bilans officiels, ce sont des histoires humaines, des visages et des voix qui continuent de réclamer des réponses.